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L’Inspection de l’éducation surveillée et de la protection sociale a primé 80 enfants du ressort de la Cour d’appel de Thiès. Une initiative pour encourager la performance scolaire et le bon comportement de ces enfants déviants.

80 pensionnaires des services extérieurs de l’éducation surveillée du ressort de la Cour d’appel de Thiès ont été primés hier au Conseil départemental de Thiès. Ces enfants surveillés sont issus des six Actions éducatives en milieu ouvert (Aemo) des régions de Thiès et de Diourbel. Mais également des centres de sauvegarde de Thiès, d’adaptation sociale de Nianing et de protection sociale de Diourbel. Ces enfants ont été primés, selon l’Inspecteur de l’éducation surveillée et de la protection sociale du ressort de la Cour d’appel de Thiès, Mamadou Lamine Sow, «pour célébrer et la performance scolaire et formative et le bon comportement pour faire de l’émulation». Il détaille : «Il y a des enfants qui ont été choisis de par leur comportement, parce qu’en fait les classes et les postes d’apprentissage ne sont qu’un prétexte pour améliorer le comportement de l’enfant. Donc nous jouons sur deux leviers.» Il s’agit «de la performance dans l’apprentissage et la formation et l’amélioration du comportement. Parce qu’en finalité, on veut que ces enfants qui ont eu maille à partir avec la justice ou ceux qui ont des troubles de comportement redeviennent comme tout le monde, des citoyens modèles». A en croire Mamadou Lamine Sow, «ces enfants ont simplement trébuché de par leur ‘’passe-passe’’, comme on dit dans le jargon des éducateurs. C’est-à-dire qu’à un moment de leur vie, ils ont été versés dans le lot des enfants délinquants ou en danger. Nous faisons donc une cure pour les remettre dans la société avec le comportement qui sied». Et cela passe, selon lui, par un processus «assez simple». Il explique : «C’est à la suite d’un trouble de comportement ou d’un délit que l’enfant arrive au Tribunal pour enfant. Et avant même qu’une décision ne soit prise pour son cas, l’éducateur fait une enquête sociale. Laquelle nous permet de savoir qui est l’enfant et quel est son problème, mais aussi de savoir le projet éducatif qu’il faut lui appliquer parce que nous traitons cas par cas. Pour chaque cas d’enfant, il y a un projet éducatif individualisé à faire. Et c’est ce projet-là que nous mettons en application.» Lequel projet, poursuit M. Sow, «peut nous dire si l’enfant peut être suivi en milieu ouvert, c’est-à-dire à l’atelier du coin ou à l’école de tout le monde, ou s’il faut le retirer de sa famille et de son milieu naturel pour le mettre dans un internat et le rééduquer avant de le remettre dans la société». Selon l’éducateur, «la finalité c’est la réhabilitation du comportement et la réinsertion socio-professionnelle».
Outre la réinsertion sociale de l’enfant déviant, l’Inspecteur de l’éducation surveillée et de la protection sociale du ressort de la Cour d’appel de Thiès est revenu sur la nécessité de réadapter l’éducation surveillée à l’heure du numérique. «Il y a une évolution fondamentale du monde. Aujourd’hui, votre enfant qui est chez vous peut être dans votre salon, mais n’est pas avec vous. Il parle régulièrement avec des gens qui ne sont pas présents. C’est pourquoi Jean Paul Gaillard les qualifie d’enfants mutants. Ce qui fait que l’espace n’est plus cet espace que nous avions nous.» Et l’inspecteur de l’éducation surveillée de s’interroger «si les méthodes que nous avions sont toujours adaptées avec l’évolution de ces enfants qui suivent la technologique. Pour simplement dire la nécessité de suivre cette évolution-là pour ne pas être en rade.» Car, relève-t-il, «jadis c’est la grand-mère qui donnait le savoir dans la famille en racontant des contes et des dictons, mais aujourd’hui le savoir a changé de camp. C’est l’enfant qui explique à sa grand-mère ce que dit le film. Le paradigme a changé parce qu’hier, c’était les anciens qui avaient le savoir, mais aujourd’hui le savoir est dans nos smartphones et tous les enfants l’ont». Ainsi, l’éducateur insiste sur l’apport des personnes qui prennent en charge les enfants (qui) ne doivent plus rester dans les anciennes méthodes. Il faut suivre cette évolution, s’adapter et se réadapter, conformément à la réalité de tous les jours. Tout est améliorable. Nous sommes en constante évolution. Toutefois, malgré l’évolution technologique, Mamadou Lamine Sow se réjouit du travail accompli : «Nous parvenons dans ces centres à réhabiliter des comportements et à réinsérer des enfants. Nous faisons dans la médecine au front.» A ce titre, il encourage les parents de croire qu’«il n’y pas d’enfants perdus. Il faut toujours croire qu’il est possible de redorer le blason et de réhabiliter. Il est possible de remettre en selle sa capacité de résilience. Il ne faut jamais démissionner quand c’est un enfant, quels que soient les types de problèmes qu’il pose», conseille-t-il.
nfniang@lequotidien.sn

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