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Les acteurs culturels de Guédiawaye déplorent le manque de subventions dans leur secteur dû à la politique «hasardeuse» et «incohérente» de leur maire, Aliou Sall. Toutefois, Pape Meïssa Guèye et ses amis lui demandent d’éclairer leur lanterne sur les subventions de l’année 2017.

Les acteurs culturels de Guédiawaye ne sont pas contents du maire de ladite ville, Aliou Sall. En conférence de presse hier, ils ont dénoncé «la situation difficile que vit Guédiawaye du fait de la gouvernance hasardeuse de ce secteur par les autorités locales qui se soucient peu ou pas du tout de la culture». La culture est traitée en parent pauvre au grand dam des acteurs concernés, selon eux. «La ville ne disposant d’aucune économie, la seule alternative qui s’imposait alors était la culture. Le maire en était tellement conscient qu’il annonçait vouloir en faire sa priorité pour Guédia­waye», déplore Pape Meïssa Guèye, Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de la culture (Sntc). «Annoncé comme le maire de la rupture d’avec les pratiques politiciennes de ses prédécesseurs, il devait sortir Guédia­waye de la morosité et le mettre sur les rails du développement et de l’émergence comme il le dit lui-même. Nous constatons aujourd’hui une politique abracadabrante du maire Aliou Sall», poursuit l’initiateur de la «Nuit du slam», très en verve. M. Guèye pense dans le même sillage que faire de la culture le moteur de développement de Guédiawaye, n’est point un slogan. «Il ne suffit pas de le crier sur tous les toits pour que cela se réalise. Cela nécessite la mise en place d’une politique hardie, tenant en compte la spécificité de la ville et en mettant en avant les vrais acteurs culturels», propose-t-il.
Ces hommes de culture, réunis autour du Sntc, ont voulu attirer en sus l’attention de l’édile de cette commune en question sur le fait que l’une de «ses décisions, qui affectent le plus les acteurs de ce secteur, c’est le manque de subvention, et même si subvention il y a, cela est fait dans une opacité totale».

Zones d’ombre
Les camardes de Pape Meïssa ont profité par ailleurs de l’occasion pour demander au maire d’éclairer leur lanterne sur les subventions de 2017, «qui n’arrêtent pas d’alimenter les polémiques car, nous constatons qu’il y a encore beaucoup de zones d’ombre. Nous voudrions savoir les critères sur lesquels les autorités se basent pour donner des subventions à certaines associations et en priver d’autres».
Parlant du festival de Guédiawaye, ils disent découvrir aujourd’hui à leur grande surprise, «une demande de renseignement de prix à compétition restreinte pour l’organisation dudit festival initié par le maire». Pape Meïssa Gueye explique : «L’organisation d’un festival de la ville, qui entraînerait des dépenses issues du budget de la ville, devrait faire l’objet d’une délibération du Conseil municipal et tel n’a pas été le cas. Il ne figure nulle part dans la nomenclature budgétaire une rubrique faisant état d’un festival de Guédiawaye.» Il existe par contre, selon toujours lui, dans le budget, une rubrique nommée «activités culturelles». Laquelle, «alimentée de 16 millions, ne doit pas servir à financer le festival du maire, dans la mesure où c’est l’argent du contribuable».
Sur toutes ces questions soulevées, ces hommes de culture disent être disposés à apporter leur concours pour que leur ville rayonne à travers le monde. Toutefois, ils sont disposés également, le cas échéant, à collaborer avec l’institution municipale, autant qu’ils sont prêts à lui faire face, «si elle persiste dans sa politique hasardeuse et incohérente».
Le journal Le Quotidien a tenté de joindre la mairie de Guédiawaye, en vain.
mfkebe@lequotidien.sn

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