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Babacar Touré, président du Cnra.

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel est conscient que les médias ne peuvent pas couvrir toutes les listes durant la campagne électorale des Législatives du 30 juillet. Cependant, il est demandé aux rédactions de «faire le maximum pour donner de la voix à tout le monde».

Au-delà du «comment voter ?» aux Législatives qui taraude l’esprit des Sénégalais, les journalistes s’interrogent sur le «comment couvrir 47 listes ?».  Une question à laquelle le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) a tenté de répondre hier dans le cadre de la session d’information des professionnels des médias sur le scrutin du 30 juillet. Axée sur le thème, «Rôle et responsabilité des médias en période électorale», cette rencontre a permis aux journalistes de s’approprier les textes en vigueur applicables aux élections législatives. «Les médias, par leur rôle essentiel dans la formation de l’opinion publique lors des propagandes électorales, constituent un maillon important du processus électoral. En raison de la sensibilité de la période électorale, le manque d’indépendance ou l’absence de neutralité des médias voire une mauvaise couverture médiatique des processus électoraux, peut être préjudiciable à la démocratie et même constituer parfois un facteur de contestation ou de tensions», déclare Matar Sall, membre du Cnra.
Pour cela, les médias doivent s’armer d’équilibre et d’équité dans le traitement de l’information. Equilibre et équité, les termes ont été lâchés par Matar Sall. Mais est-ce possible avec 47 listes ? «Ces notions ne signifient pas traiter l’ensemble des listes», tranche sans ambage M. Sall. Qui s’explique : «Ce n’est pas aux médias d’organiser des activités pour les partis politiques. Une liste qui n’organise pas d’activités ne doit pas léser les listes qui en ont. On peut voir des listes qui n’ont pas de moyens pour faire une campagne ou ne sont pas présentes partout. L’essentiel pour le journaliste est de ne pas accorder une place très importante de manière très flagrante à une liste.»

«On ne peut pas interdire à un journaliste de dire qu’il y a un favori et un outsider»
S’il reconnaît qu’il y aura «beaucoup de difficultés», M. Sall invite les journalistes à «faire le maximum pour donner de la voix à tout le monde». S’agissant des manifestations comme les «Ndogou de presse» ou les cérémonies de remise de dons que des acteurs politiques organisent pour faire de la propagande, Matar Sall invite les journalistes au «discernement» en cette période de précampagne. Par ailleurs, à ceux qui reprochent aux médias de classifier les listes en compétition, Issa Sall de la Commission électorale nationale autonome (Cena) estime qu’«on ne peut pas interdire à un journaliste de dire qu’il y a un favori et un outsider». «On connaît les favoris, les outsiders et ceux qui n’auront rien. Le journaliste doit garder sa liberté d’apprécier les enjeux politiques, les rivalités et le poids de chaque liste.»
Pour avoir publié des listes qualifiées de «grandes coalitions», certains médias ont été traduits devant le Cnra par le Pr Amsatou Sow Sidibé pour «discrimination».
bgdiop@lequotidien.sn 

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