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Mme Adama Boye, présidente du Collectif des plasticiennes.

Le secteur des arts visuels a bénéficié d’une dotation de 500 millions de francs Cfa affectés à l’achat d’œuvres d’art au profit de l’Etat. Mais le collectif des plasticiennes dénonce une discrimination puisque seules 8 d’entre elles ont été sélectionnées dans le cadre de ce programme.

Le collectif des plasticiennes est monté au créneau hier pour s’offusquer de «la discrimination» dont ont fait l’objet  la majorité de ses membres. La présidente dudit collectif, Adama Boye, trouve «anormal»  que si peu d’artistes plasticiennes soient sélectionnées pour l’achat de leurs œuvres dans le cadre de l’enveloppe de 500 millions de nos francs dégagés par l’Etat dans le cadre du fonds de riposte et de solidarité au secteur des arts et de la culture. «C’est 500 millions pour aider les artistes. Sur presque huit cent artistes, d’après ce qu’ils ont dit, ils n’ont sélectionné que 94 et dans les 94, il n’y a que 8 femmes dont 2 était dans le comité. Ça c’est aberrant ! C’est vraiment aberrant ! On ne peut pas dire que nous ne travaillons pas puisque nous sommes 50 artistes femmes qui représentons le Sénégal partout dans le monde», s’indigne Madame Adama Boye, présidente du Collectif des plasticiennes,  qui animait hier une conférence de presse au village des arts. «Pourquoi le ministre de la Culture et le Comité en charge de la gestion et du partage du fonds, ont préféré procéder à un appel à candidature et sélectionner 10% des œuvres proposées, pour enrichir la collection d’œuvres du patrimoine privé ?», s’interroge le Collectif des plasticiennes qui ajoute que «le problème qui se pose est de savoir pourquoi acheter des œuvres au lieu d’aider les artistes à faire face aux effets induits par la pandémie du Covid-19». Subissant des pertes énormes à cause du Covid 19 qui leur a empêché de faire leurs expositions aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger, Adama Boye de souligner que le fonds, qui avait pour vocation d’aider le plus grand nombre de victimes du Covid-19, a permis de constater  que le résultat de la répartition du fonds «n’a été qu’une simple action de 2 poids 2 mesures». Un fait qui n’a suscité à l’arrivée que «frustrations et mécontentements».
La présidente du Collectif des artistes-plasticiennes indique aussi n’avoir pas été édifiée sur les critères de sélection du comité et les raisons pour lesquelles il a porté son choix sur les artistes devant profiter de la vente de leurs œuvres. «Qui a fait la sélection ? On ne sait pas», s’offusque Madame Boye qui exige que les plasticiennes soient rétablies dans leurs droits. Elle lance ainsi un appel aux autorités et plus particulièrement au ministre de la Culture. «Le ministre n’a qu’à acheter nos œuvres en réparation. Parce que ceux qu’ils ont sélectionnés ne valent pas plus que nous.» Parlant du Salon national des arts visuels qui s’est tenu à Dakar il y a quelques mois, la présidente du Collectif des plasticiennes de dire qu’il n’y avait que 4 femmes à avoir été sélectionnées. Elle dénonce ainsi la marginalisation dont font l’objet les artistes-plasticiennes. «Je suis au village des arts, les femmes cherchent des ateliers depuis des années. Celles qui sont ici se sont battues pour avoir des ateliers. Je ne parle même pas de parité. Ce n’est pas normal quand on demande quelque chose qu’on nous mette à l’écart», a confié Madame Boye.
Doyenne des artistes plasticiennes, Anta Germaine Gaye dit avoir remis un courrier aux responsables du Collectif des plasticiennes en leur expliquant la liste des membres du comité de sélection. «C’est une liste qui provient d’un arrêté ministériel. Il n’y a pas un seul artiste ou une seule artiste qui soit dans cette  liste. C’est plutôt un historien de l’art, un critique d’art et un professeur d’art, Vieux Diba, qui n’a pas été candidat, ne pouvant pas être juge et partie et il y a la secrétaire de la biennale», ajoute Madame Gaye qui dit avoir reçu son enveloppe pour avoir été sélectionnée.

Dieynabou Barry défend le processus
Après la conférence de presse, une tension a été notée entre l’artiste plasticienne, Dieynabou Barry, et les autres artistes du Collectif des plasticiennes. Ces dernières n’ont pas voulu que Dieynabou Barry, qui a pris le train en marche, prenne la parole. Mais la tension a fini par baisser et l’artiste-plasticienne, Dieynabou Barry, d’apporter des précisions. «Tout artiste qui n’est pas sur la liste n’est pas sélectionné, par contre on te réserve une enveloppe. Mais c’est le reliquat de l’argent qui va rester. Ce reliquat-là a été divisé en deux groupes. Le premier groupe est pour les artistes qui ont déposé leur candidature et qui n’ont pas été sélectionnés. Le deuxième groupe, ce sont les artistes qui n’ont pas déposé leur candidature et dont les noms se trouvent dans la banque de données des artistes visuels du Sénégal», souligne Dieynabou Barry qui dit avoir eu la chance d’être sélectionnée et se faire acheter ses œuvres.

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