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Attendu sur ses choix des opérateurs chargés de livrer le riz promis aux ménages affectés par le coronavirus, ainsi que sur les couacs notés dans le transport de ladite marchandise, le ministre du Développement communautaire, qui doit parler aujourd’hui, devrait également expliquer si ces partenaires sont en mesure, dans la situation actuelle, de remplir leur part de contrat dans les délais et sans que cela n’affecte le marché local.

Par Mohamed GUEYE

Le ministre du Développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale, M. Man­sour Faye, va tenir ce matin un point de presse pour s’expliquer sur le bruit soulevé par sa gestion du dossier de l’achat, le transport et la distribution des denrées alimentaires dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. On peut estimer qu’il était temps, au vu du remous que cette affaire a soulevé, comme l’indiquent d’ailleurs les titres des journaux. Ce sera l’occasion pour lui d’éclairer la lanterne de l’opinion sur les critères de choix qui ont incité à retenir, notamment les sociétés auxquelles a été attribué le marché de fourniture de riz. Il est vrai que l’Avis de passation imposait que le marché puisse être exécuté dans les 48 heures à partir de la réception du bon de commande. Ce qui justement a suscité la curiosité des personnes au fait du secteur.

Afri & Co, inconnue chez les importateurs
Certaines gens s’étonnent justement que Avanti Suarl, qui avant ce marché n’était pas réputée de compter parmi les plus gros importateurs de riz de ce pays, ait pu avoir en réserve une importante quantité de riz, prête à être livrée. Entrée dans le cercle des importateurs de riz reconnus par la Douane en 2017, elle n’avait jamais dépassé dans ses beaux jours les 10 mille tonnes d’importation. Mais bizarrement, rien que pour le mois d’avril 2020, ses commandes ont atteint environ 15 mille tonnes. Comme si elle avait été avisée d’un possible gros marché. Délit d’initié ?… Afri and Co, pour sa part, n’est pas connue dans les registres de la Douane sénégalaise pour avoir importé une seule tonne de riz dans ce pays. Cela ne l’a pas empêché de rafler un marché de 8 milliards 250 millions de francs Cfa. Des personnes proches du ministère expliquent ces miracles par le fait que la plupart des gros noms de l’importation n’avait pas de produits disponibles en un délai très court. De plus, nombre de ces opérateurs ne voulaient pas négocier leur prix comme l’ont accepté ceux qui ont été retenus. Et ajoutent les mêmes gens, l’un des plus gros opérateurs, lui, exigeait d’être payé cash dès livraison…
Ainsi, les quantités commandées par l’Etat, dont une partie a déjà commencé à être expédiée aux points de livraison, ne devraient pas excéder les 50 mille tonnes, si l’on se fie aux prix présentés sur l’avis d’attribution du marché publié dans les journaux. Ce qui laisse à l’Etat le devoir de trouver les 95 mille tonnes restantes.
Il semblerait qu’une commande précédente, faite par des opérateurs dont Rayan Hachem, est en route dans deux navires qui avaient quitté les pays producteurs avant les décisions des pays d’Asie du Sud-Est d’arrêter les exportations de leur riz pour cause de coronavirus et de confinement de leur population. Les mêmes raisons ont poussé également le gouvernement du Sénégal à adopter des mesures similaires. Il faut souhaiter que cette commande des importateurs de riz puisse arriver à moyen terme, car sinon les besoins de l’Etat risqueraient de créer une pénurie de riz dans ce pays, si l’on sait qu’on consomme l’équivalent de 100 mille tonnes de riz dans le mois. Car il se dit que pour remplir leur bon de commandes, certains des traders retenus se sont même tournés sur le marché local pour se fournir en riz parfumé. Au risque de créer une tension sur ce marché.

Bouchon dans le parc automobile
Pour ce qui concerne le matériel roulant également, cela ne va pas sur deux roues. Les transporteurs du Catrs qui se targuaient de pouvoir apporter au moins 50 camions en appoint à l’Etat, pour accélérer les délais de livraison, n’en n’ont présenté que 14 hier, bien loin des engagements de leur Coordon­nateur général, Momar Sourang. Souhaitons que Mansour Faye, qui a pris rendez-vous pour ce matin avec la presse, livre des explications solides sur ce point aussi !

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