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Cet appel à la vigilance que j’adresse à la jeunesse africaine, m’est venu comme un déclic, suite, à la lecture de propos recueillis dans un article paru dans le site du journal lemonde.fr. Il y est rapporté qu’une coalition de chercheurs a déjà un soi-disant plan de tests cliniques et que l’Afrique ne devrait pas être exclue.
Ce type d’intérêt soudain, à l’égard de l’Afrique, me fait réagir ici avec sursaut quant au bien-fondé d’une soi-disant bienveillance à notre endroit.
Tout récemment encore, une vidéo virale parue sur une chaine française, dans laquelle deux chercheurs français démontrent le mépris qu’ont encore d’autres envers toute l’Afrique noire. Cela en dit long également sur la façon dont les médias occidentaux persistent encore à vendre une image toujours dégradante et irrespectueuse envers l’Afri­que.

Défier les réelles intentions des grandes puissances à l’égard de l’Afrique
Plus que jamais, nous devons nous imposer une règle d’or de prudence et de méfiance à l’endroit de leurs actuelles intentions et actions, dont l’histoire nous a appris, ont été inavouées, trompeuses et surtout néfastes à notre chère Afrique. Une première bonne raison de se méfier est de se poser la question de savoir sur quel modèle actuellement fiable peuvent-ils fonder leurs projections pour prédire avec prétention et arrogance, une hécatombe en Afrique? Des modèles capables de prédire des pics selon les spécificités des mesures sanitaires et des conditions socio-économiques, n’existent pas à l’heure actuelle. Ceci sans vouloir minimiser le risque élevé de propagation en Afrique. Toutefois, ces modèles sont souvent d’ajustement logistique sur un nombre suffisant de cas testés et ne servent actuellement qu’à des besoins de comparaison à des scenarii extrêmes pour justifier la nécessité d’un effort de distanciation sociale et de ne pas courir le risque de surcharge et de dépassement des capacités de prise en charge médicale. Par ailleurs, même si l’évolution de la pandémie en Amérique ou en Europe a montré une situation alarmante, des modèles d’approximation basés sur ces données empiriques ne s’ajusteraient pas tels quels en Afrique. En effet, le nombre de tests nécessaires pour mieux contenir celle-ci n’est pas comparable à celle de l’Allemagne par exemple. Cela, faute de moyens matériels et de disponibilités financières.
Une autre bonne raison de se méfier en est de se poser la question : pourquoi ne se contenteraient-ils pas de faire des tests cliniques seulement sur leurs populations dans des conditions idéales, trouver des traitements et les partager avec le reste du monde y compris l’Afrique? Car, il n’existe, actuellement, aucune preuve, même pas d’hypothèse en quoi l’Être africain réagirait-il différemment face à ce virus; ce qui justifierait de faire des tests cliniques spécifique en Afrique. Cette hypothèse serait d’ailleurs absurde en considération du taux de décès aux États-Unis parmi la communauté noire.
Ainsi, dans cette période de confusion totale où personne n’a aucune connaissance fiable, sur comment traiter cette maladie, il est inconcevable pour un africain conscient des enjeux économiques et stratégiques des grandes puissances, de vouloir encore accepter d’être les cobayes et matières premières pour les mêmes qui n’ont cessé depuis des siècles de prétendre être solidaire envers ceux qu’ils ont sciemment déshumanisés à la face du monde, spolier de leurs ressources matérielles et humaines, annihiler de leurs idées innovatrices et créatrices, de leurs organisations sociales, jadis, encrées dans l’entre-aide et le partage que reflétaient de grande valeurs morales et humaines ; Croyants que nos nobles valeurs de partage sont universellement partagées, nous nous sommes exposés sans défense aux actions nuisibles et destructrices venant de civilisations prédatrices. Le résultat est sans doute ce que toute l’Afrique noire vit de nos jours; et non sans pour autant résister.

L’heure de veille et affirmation pour
préserver notre
destinée commune
Aujourd’hui, la jeunesse africaine incarne cette résilience. Cette jeunesse est d’autant plus éveillée et déterminée à résister et surtout s’affirmer d’elle-même aux yeux du monde.
Il nous est désormais imposé, à nous cette nouvelle génération africaine et par nous-même, de faire preuve d’une grande vigilance et de veille permanent contre toutes les tentatives de nuisance de ces prédateurs sur nos ressources et notre capacité d’affirmation. Car, au-delà même du nombre de morts déplorables dus au Covid-19, la crise économique mondiale qui en découle, aussi courte serait telle souhaitable, fera certainement resurgir comme à l’accoutumée, des velléités hégémoniques et impérialistes de convoitise (de quelconque origine soit telle) envers l’Afrique. Ainsi, l’heure n’a jamais été aussi propice pour la jeunesse africaine de se mobiliser afin de pouvoir :
– Désormais, faire bloc et dissuader toute action nuisible à son destin commun tant convoité. Cet esprit de veille doit habiter chacun(e) de nous, partout dans le continent et dans la diaspora. Il doit être lieu, par exemple, de croire à notre capacité de déceler toute action néfaste, de faire suivre l’information par nous-même et de rallier toute cette force vive de partout le monde, faire barrage et infléchir du bon côté, à temps, les prises de décision de nos dirigeants sur les impératifs de bonne gouvernance, les besoins et formes de coopération internationale et surtout les orientations stratégiques de développement humain au-delà même de la croissance économique. Plus que jamais, nous devons nous incarner la demande sociale d’un changement majeur d’état d’esprit.
– Promouvoir un leadership africain courageux et capable de nous mener en unisson vers cet objectif. Le moment est venu pour la jeunesse africaine de prendre le relai afin de promulguer ce nouveau type de leadership. Cette jeunesse bien formée sur tous les domaines scientifiques, de management, d’entreprenariat, mais surtout celle qui incarne bien les valeurs morales et humaines africaines.
La jeunesse africaine doit d’ores et déjà exiger un leadership qui comprend l’urgence africaine de l’industrialisation et de l’autosuffisance. Les domaines de l’éducation à la formation pratique soutenue par un fort élan de recherche, de l’agriculture, de la santé et des nouvelles technologies de l’information doivent être des cibles prioritaires des politiques africaines de développement humain et se refléter dans les facteurs-clés des fondamentaux économiques.
La jeunesse africaine s’est déjà s’appropriée le combat de libération partout où elle se trouve dans le monde. Il est impératif actuellement de prendre conscience que ces mouvements doivent être cordonnés.

Une solidarité
internationale de
sortie de crise envers l’Afrique
Afin de pouvoir faire rupture avec la relation toxique néocolonialiste d’autan, le temps est venu pour l’Afrique d’exiger de la part des grandes puissances économiques actuelles qu’elles fassent preuve d’une coopération internationale honnête et sincère dans l’intérêt de toute l’humanité. Non! Cette exigence n’est pas en soi une demande de l’aide basée sur les concepts et mécanismes d’organismes internationaux qui n’ont jusque-là réussi à remplir leurs rôles à l’endroit de l’Afrique; ou du moins en reconnaissant le préjudice, de corriger le tir et rendre la monnaie. S’aurait été un grand service rendu à toute l’humanité entière.
Cette fois-ci nous devons veiller à ce qu’elle soit bénéfique à nous-même et équitable aux autres dans un cadre de respect mutuel qui permettrait aux pays Africains de s’assurer que:
– Cette solidarité internationale soit de nature à se soulager de sa dette souveraine qui en est, dans bien des mesures, anormalement contraignante et moralement soutenable.
– Des financements de fonds de lutte contre le Covid-19 se font en concordance avec l’organisation effective déjà mise en place pour contrer la pandémie. Car, à l’instar de la Chine et de beaucoup de pays en prise dans cette épidémie, bien des pays africains ont pu mettre en place, à la hauteur de leurs moyens, des mesures de sortie de crise adéquate. Il ne doit plus être lieu d’ignorer cette volonté réelle sous aucun prétexte.
L’Afrique doit ainsi se libérer de toute tutelle d’encadrement ou pilotage des puissances étrangères. Cela n’est plus nécessaire de nos jours; la garantie d’une bonne gouvernance est de nos jours exigée par la nouvelle génération africaine, une jeunesse aussi bien décomplexée et capable de relever le défi.
Pour y arriver, il est, également, impératif de forger ce développement d’abord au niveau sous régional, ensuite régional et finalement avec une certaine ouverture au reste du monde.
L’Afrique n’a plus, également, à avoir peur de dire non au capitalisme sauvage, sans morale, qui ne serait même d’aucune vertu à l’humanité toute entière. L’Afrique doit à présent réinventer sa propre voie de développement à l’instar des nouveaux dragons d’Asie.
Une solution alternative africaine à cette crise sanitaire et même de celle d’une coopération internationale basée sur valeurs humaines s’impose. Celle–ci doit émaner de nous-même.
Oui, Il faudra d’ores et déjà compter sur cette jeune Afrique qui a pris conscience d’elle-même et de ce qu’elle a de plus précieuse.
Elle est plus que jamais déterminée à le défendre.
Malick DIALLO
Un Saloum – Saloum au Canada
Spécialiste en gestion de risques financières, analyse économique
et travaux statistiques
www.linkedin.com/in/malick-diallo-24457711

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