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Trois semaines d’arrêt à cause du coronavirus et les interrogations et autres incertitudes commencent à occuper le quotidien du mouvement associatif. Contraint de rester confinés à la maison, à l’image de quasiment tous les secteurs d’activités, le monde du foot doit faire face aux réalités économiques avec la problématique du paiement des salaires.

Quand la fin du mois tombe, on pense aussitôt salaire. Surtout en cette période de crise économique liée à la pandémie du coronavirus. Du coup, cette fin mars vient au mauvais moment pour le monde du sport et particulièrement pour les équipes de football de la Ligue Pro. On mesure dans une telle situation, les problèmes que rencontrent les dirigeants et présidents de club en cette fin du mois.
Joint par Le Quotidien, le président de Mbour Petite Cote confirme. «C’est assez compliqué parce que le salaire d’abord, c’est un travail dû. Quand on n’a pas fait ce travail, c’est difficile de parler de salaire», tient à préciser Mbaye Diouf Dia. Avant d’ajouter : «Cette situation est valable pour tout le monde. Même dans les clubs européens, on parle de payer 50% du salaire. Il y a même certains joueurs qui ont proposé qu’on ne les paye pas pour qu’ils puissent participer à la solidarité. D’autres comme ceux du Barça ont baissé leur salaire de 70%. C’est pour vous expliquer la complexité de cette crise.»

Mbaye Diouf Dia (Mpc) : «On gère le quotidien des joueurs qui sont dans le besoin, en attendant…»
Qu’en est-il sur le plan national ? «Connaissant nos joueurs qui retournent dans leur famille, vous comprenez facilement la situation. Nous sommes en train de discuter avec notre sponsor (italien) afin de prendre les dispositions idoines parce qu’il avait promis de prendre en charge les salaires et les entraineurs qui sont sur place», explique-t-il.
Seulement, précise Mbaye Diouf Dia, il y a problème avec la situation qui prévaut actuellement en Italie. «Il est difficile d’envoyer de l’argent. Pour l’instant, il y a un préjudice à prendre. Ce sont des situations exceptionnelles. Il faut que chacun sache qu’on est dans une guerre. A ce niveau, on gère le quotidien des joueurs qui sont dans le besoin. On verra ce qu’il y aura à faire au niveau des salaires, si cela persiste.»
Pris de court, à l’image de tout le monde, les dirigeants de Mbour Petite Cote (Mpc) ont pu prendre les devants, dans la lutte contre le Covid 19. «Immédiatement, quand nous avons eu l’information, nous avions déjà une longueur d’avance sur les autres puisque nous avons des Italiens avec nous. Dès que les choses ont commencé en Italie, ils savaient quelles dispositions il fallait prendre ici. Et dès que la mesure a été prise par le président de la République, nous avons immédiatement libéré les joueurs, désinfecté le car, le siège et pris les mesures qu’il fallait», souligne M. Dia, précisant qu’un travail de sensibilisation avait même été demandé aux joueurs, auprès de leur famille, leur quartier. A ce niveau, rassure le président du club, «tous les joueurs et membres de l’encadrement se portent bien. Les entraîneurs (italiens) sont confinés à l’hôtel comme tout le monde. Il n’y a aucun souci».
Pour le président de Mpc, «c’est une situation qui est assez compliquée à gérer. Aujourd’hui, on s’est rendu compte que la seule chose qui vaille, c’est le confinement, c’est-à-dire, se mettre à l’abri, protéger sa famille, ses proches, son quartier, sa ville, son pays et même le monde entier».
Par contre, la tournée du club qui était prévue en Italie le 23 mars dernier a finalement été reportée. «Le voyage avec l’ensemble de l’équipe était prévue pendant la trêve, malheureusement, ce voyage ne peut plus se tenir pour ce que vous savez», se désole Mbaye Diouf Dia.
Concernant la fin de la saison, l’horizon semble très flou pour les présidents de club. «Au courant de la semaine prochaine, nous ferons une évaluation exhaustive pour voir les échos qui vont revenir de la Fédération et voir quel système il faudra mettre en place», dira Mbaye Diouf Dia qui espère, suivant les prévisions, «une reprise des activités dans un mois et demi. Même si personne ne peut vous dire ce que sera l’avenir. Mais nous prions tous ensemble pour s’en sortir. Et la meilleure solution reste le confinement total.»

Youssou Dial (Jaraaf) : «On a prévu de payer ce mois-ci en espérant…»
Du côté du Jaraaf, le constat est le même. Le vice-président, Youssou Dial, reconnaît lui aussi les difficultés que rencontre le club de la Médina. «C’est une situation qui est vraiment inconfortable pour nous, en tant que dirigeants du football. Nous sommes, comme l’ensemble de la population, dans l’incertitude totale. Aujourd’hui, la saison est suspendue. On ne sait pas si elle va reprendre ou pas», s’interroge-t-il.
Concernant le paiement des salaires du mois, le vice-président du Jaraaf de préciser : «Pour l’instant, il n’y a pas de changement. Nous savons que dans chaque équipe, il y a un cas social à gérer. On ne peut pas se permettre de ne pas payer les salaires. On a prévu de payer ce mois-ci en espérant qu’on aura plus de visibilité au mois d’avril.»
Selon lui, «c’est une situation malencontreuse que nous rencontrons actuellement. C’est vraiment quelque chose d’inédit, qui n’est jamais arrivé à notre championnat et même un peu partout dans le monde. Mais on se félicite des décisions prises par les autorités étatiques, le ministère, la fédération et la ligue. La priorité, c’est quand même la santé des joueurs et des populations».
Faut noter que malgré ses difficultés, le monde du football s’est solidarisé en apportant une contribution de plus de 100 millions Cfa pour la lutte contre le coronavirus.

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