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A cause des «Jakartamen», le Sénégal risque de connaître une résurgence des cas importés. Vélingara en a connu un hier et qui est entré au Sénégal via ce mode de transport, moyennant 6 000 F Cfa. Juste ça !

Le département de Vélingara a enregistré hier un cas importé positif au coronavirus. C’est le 8ème après les 7 jeunes Sénégalais arrêtés à la frontière avec la Guinée Conakry et qui ont, par la suite, été testés positifs. Tous les 8 cas recensés dans ce département de la région de Kolda ont emprunté le même itinéraire : République de Guinée-Dialadiang au Sénégal, puis l’intérieur du département de Vélingara. Le cas positif d’hier est une femme de nationalité guinéenne, âgée d’environ 25 ans. Une commerçante qui dit fréquenter le marché de Diaobé. A certaines personnes, elle dit être native de Kolda et a même changé de prénom dans la ville de Kounkané où elle a été mise aux arrêts. Les gendarmes de la sous-brigade de Diaobé et l’autorité administrative sont aidés en cela par des jeunes du village de Saré Woudou.
Elle s’est introduite au Sénégal par des pistes sinueuses, contournant les principales voies d’accès. C’était mercredi passé. Elle a fait plusieurs petits arrêts avant d’être embraquée par une moto Jakarta à partir de Bonconto jusqu’à Saré Woudou. Le motocycliste en question et 2 familles de Kounkané où a séjourné la dame sont confinés dans un centre touristique de la place. Et dire que ledit motocycliste est un menuisier métallique à qui on a juste payé 6 000 F pour faire ce job qui lui prive ainsi de la liberté de mouvement et de travail pendant une quinzaine de jours.
Aujourd’hui, ces motos continuent de transporter des passagers, malgré l’interdiction qui frappe l’activité. On rappelle que les 7 premiers cas positifs sont éga­lement entrés au Sénégal en louant les services des motocyclistes.
Le président du Comité de vigilance de Dialadiang, village frontalier avec la Guinée Conakry, Coly Baldé, nous informait que les Guinéens continuent d’entrer au Sénégal. Et que les activités de surveillance des mouvements transfrontaliers par son comité sont en passe de connaître un relâchement par manque de carburant et de masques. Il dit : «Nous faisons la patrouille en collaboration avec les Forces de l’ordre par nos propres moyens. Nous le faisons sans masque. Nous commençons à nous essouffler. Le carburant manque parfois.» Et puis : «Les membres les plus actifs du Comité de surveillance de la frontière ne sont ni détenteurs de bourse de sécurité familiale et ne figurent pas sur le Registre national unique (Rnu), donc nous n’allons pas bénéficier de l’aide alimentaire de l’Etat.» Pour toutes ces raisons, Coly et son équipe n’ont plus le cœur à l’ouvrage.
Il faut savoir que c’est ce comité qui a permis d’arrêter, puis de confiner les 7 premiers Séné­galais testés positifs à Vélingara ainsi que leurs convoyeurs. Les Forces de sécurité ne pouvant pas à elles seules surveiller toute la frontière, il faut trouver le moyen de garer les motos. Boubacar Baldé, ressortissant du village de Paroumba, fait la proposition : «Je crois qu’il faut confiner les motos dans une maison. Les cadenasser jusqu’à nouvel ordre. Sinon le trafic va continuer parce que l’enjeu c’est l’argent. Les jeunes vont mettre tout le Sénégal en danger tant qu’ils ont la possibilité de croire qu’ils peuvent clandestinement trans­porter des Guinéens.»

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