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Comment les institutions muséales du monde ont résisté à la pandémie du coronavirus? Selon un rapport de l’Unesco, plus de 90% des musées du monde, soit quelque 85 mille institutions à travers le monde, ont dû fermer leurs portes. A la fin de la pandémie, 10% d’entre elles risquent de ne pas rouvrir.

La pandémie qui frappe le monde depuis quelques mois n’a épargné aucun secteur. Celui culturel, qui a vu la majorité de ses institutions fermer ses portes, a été l’un des plus touchés avec des artistes et des professionnels plongés dans un état d’extrême fragilité économique et sociale. En effet, à partir de mars 2020, la plupart des Etats ont pris des mesures radicales pour contrer la propagation du Covid-19, entraînant de ce fait la fermeture des musées et autres lieux culturels au public. Un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation et la culture dans le monde (Unesco) estime que sur les près de 95 mille musées que compte le monde, 90%, soit plus de 85 mille institutions, ont dû fermer leurs portes. «L’impact de ces fermetures est non seulement économique, mais aussi social», souligne le document. Ces initiatives auront des conséquences puisqu’un très grand nombre de musées dépendent très largement des recettes générées par les visiteurs. Et selon l’Unesco, avec ces restrictions, 10%, plus d’un musée sur dix, risquent de ne plus rouvrir. Comme sur beaucoup de secteurs, le continent africain figure au bas du tableau parce que comptant le plus petit nombre de musées. «65% de ces établissements sont en Amérique du Nord et en Europe occidentale, 34% répartis entre l’Europe orientale, l’Amérique Latine et les Etats d’Asie Pacifique, mais seulement 0,9% en Afrique et 0,5% dans la région des Etats arabes», note le rapport de l’Unesco.

Menace de fermeture
Comment les musées se sont-ils accommodés de cette nouvelle situation ? Le rapport de l’Unesco a permis de recenser plus de 800 actions en réponse à la crise du Covid-19 à travers le monde, avec une grande partie d’actions de promotion des musées virtuels s’appuyant sur l’utilisation des ressources déjà numérisées et des investissements réalisés avant la pandémie. «Des activités sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) ont d’ailleurs été développées et, sur le plan professionnel, un grand nombre de webinaires ont été organisés essentiellement par des associations professionnelles de musées. De plus, un grand nombre d’activités spéciales, initiées pour pallier les problèmes du confinement, ont été développées par les musées : jeux, coloriages, quizz, activités éducatives et de très nombreux challenges.» A ce niveau, l’Unesco note une importance croissante du numérique dans le secteur muséal. Ce, d’autant plus que de nombreuses activités programmées cette année ont été transformées en formats numériques, afin de les faire vivre sur internet, y compris des expositions, des conférences et des actions de médiation.
A cet exercice de résilience, l’Afrique occupe également le bas du tableau. C’est sur ce continent que l’on retrouve les établissements les moins résilients. 5% seulement ont assurés une présence sur la toile. Preuve, s’il en est, de la fracture Dr numérique entre le nord et le sud. Dans le même temps, dans les pays développés, expositions, exhibitions et ventes se sont poursuivies dans le virtuel. «En effet, pour des millions de personnes dans le monde, en particulier dans les pays en développement, l’accès à la culture par le biais des moyens numériques reste hors de portée. Ce qui a rendu difficiles les initiatives de lancement de musées virtuels ou d’accès aux collections en ligne», note le rapport.
Cette enquête a été réalisée en lien avec les 51 bureaux hors siège de l’Unesco. Elle visait «à évaluer, sur la base des contributions des Etats et des professionnels des musées, l’impact du Covid-19 sur les musées et les institutions muséales», explique l’organisation internationale. Cette initiative aspire également à comprendre comment le secteur s’est adapté aux contraintes imposées par la pandémie et à explorer les moyens de soutenir les institutions affectées à l’issue de la crise, ajoute le document.

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