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La torture, la discrimination, les procès inéquitables sont les péchés reprochés à l’Etat après les mesures d’habilitation prises pour assurer la sécurité sanitaire des citoyens. Les mêmes reproches sont aussi faits à d’autres pays de la sous-région. Un colloque international a été organisé pour trouver des solutions à des tels impairs à l’avenir.

La section sénégalaise d’Am­nesty international, avec le soutien du Programme pour la promotion de l’état de droit de la Fondation Konrad Adenauer, organise depuis hier un colloque international de deux jours sur le thème «Quels sont les impacts du Covid-19 sur les droits de l’Homme et la démocratie en Afrique de l’Ouest». Ce colloque permet de saisir l’impact des mesures sécuritaires prises durant le confinement et le couvre-feu, et sur le fonctionnement des institutions. «L’idée est d’évaluer toutes les ingérences, les restrictions», a indiqué Mar­gaux Wipf, chargée de Pro­gramme de l’état de droit en Afrique subsaharienne de la fondation allemande. D’après elle, il a été constaté de nombreuses violations des droits humains dans différents domaines comme «celui de la liberté de la presse, de la liberté d’opinion, d’expression, de la privation des libertés dans le fonctionnement des instructions démocratiques, dans l’exercice des droits de chacun à la sécurité avec des tortures et de traitements inhumains dé­gra­dants».
Abondant dans le même sens, Seydi Gassama soutient que «la pandémie du Covid-19 a amené les Etats dans la sous-région et un peu partout dans le monde à prendre certaines mesures pour assurer la sécurité sanitaire des citoyens. Et parmi ces mesures, il y a les lois d’habilitation qui ont été votées à l’Exécutif pour mener la guerre contre la pandémie». Il s’agit, précise-t-il, de la loi sur l’état d’urgence et le couvre-feu qui ont été décrétés dans tous les pays. Mais «avec ces couvre-feux, nous avons eu à déplorer au Sénégal, dans la sous-région et de manière plus large en Afrique, beaucoup d’actes qui constituent des violations des droits humains», déclare-t-il.
Toutefois, le secrétaire exécutif des droits humains de la section sénégalaise d’Amnesty international reconnaît que «l’Etat, en vertu du pacte sur les droits civils, a le droit de suspendre certaines libertés lorsqu’il y a certaines urgences». Mais «il doit faire en sorte que cette suspension soit proportionnée dans le temps», précise-t-il. D’après lui, la mesure de cette suspension ne concerne pas tous les droits, à savoir «le droit de ne pas être torturé, de ne pas être victime de discrimination, de bénéficier d’un procès juste et équitable». Selon toujours M. Gassama, on ne peut pas suspendre et limiter tous les droits. «Malheureusement ce que nous avons constaté durant le couvre-feu, c’est que nos forces de sécurité se sont livrées à beaucoup d’exactions», dénonce-t-il. Et cela, se désole le défenseur des droits humains, ne s’est pas produit seulement au Sénégal. «Des personnes ont été poursuivies jusque dans leurs domiciles, arrêtées et parfois jugées lors de procès, de mon point de vue, totalement injustifiés», a-t-il ajouté. Il a indiqué que c’est le sens du colloque international qu’ils ont organisé avec le soutien de la Fondation Konrad Adenauer, pour réfléchir avec leurs collègues de la sous-région sur ce qui a été fait, et faire des recommandations afin d’améliorer la situation en cas des prochains événements similaires.

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