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Le plateau médical du Sénégal est-il assez équipé pour soigner les cas graves liés au Covid-19 ? Depuis le début de la pandémie, cas grave rime quasiment avec décès. Et la liste macabre s’allonge au fil des jours.

19 cas de décès liés au Covid-19 ! Pour un Européen ou un Américain qui voit son pays compter ses morts par milliers, ce chiffre paraît dérisoire. Mais le Sénégal vient d’enregistrer son dixième cas de décès en une semaine. Soit plus que depuis l’apparition du premier cas au Sénégal le 2 mars dernier. Le décompte macabre s’est accéléré lors du week-end durant lequel 5 nouveaux cas de décès ont été enregistrés par le ministère de la Santé et de l’action sociale dont 3 le samedi et 2 le dimanche. Sur les réseaux sociaux, notamment le réseau social WhatsApp, les communiqués sur les cas de décès liés au Covid-19 sont devenus viraux. Ils sont plus scrutés que la situation du jour relative au nombre de cas dressés chaque matin par le ministère de la Santé.
Tous les disparus ou presque sont des malades traînant des pathologies chroniques. Ils souffraient de diabète, asthme, hypertension, ont été victimes d’Avc, entre autres. Ces personnes classées dans la catégorie des cas vulnérables au Covid-19 sont quasi-condamnées une fois qu’ils chopent le virus au Sénégal. C’est simple : depuis le début de la pandémie au Sénégal, pratiquement tous les cas de décès liés au coronavirus sont des personnes vivant avec des maladies chroniques. L’étape de réanimation qui nécessite une assistance respiratoire tant redoutée conduit souvent les patients à la morgue. C’est à se demander aussi si nos hôpitaux sont assez outillés pour traiter des cas graves de coronavirus. Déjà, le nombre insuffisant de respirateurs artificiels lève un coin du voile sur les faibles capacités du plateau médical. Selon Jeune Afrique, le Sénégal ne compte que 80 lits de réanimation, loin de l’Afrique du Sud (1 000) ou du Maroc (3 000).
Alors que la transmission communautaire se propage à une vitesse exponentielle, la multiplication du nombre de décès liés au coronavirus est devenue un sujet de préoccupation majeure dans la prise en charge des patients. La situation est-elle en train d’échapper au personnel soignant ? Avec plus de 1 000 cas sous traitement, les hôpitaux semblent au bord de l’implosion.
Les sites extrahospitaliers annoncés tardent encore à accueillir des patients asymptomatiques. Par ailleurs, il y a lieu de s’interroger sur le nombre de cas graves. Presque tous les cas de décès notés cette semaine ne figurent pas dans le lot des cas graves dressé par le ministère de la Santé (7). Pourtant, à chaque fois qu’il y a un décès, le ministère de la Santé s’empresse de préciser que le malade souffrait également d’une pathologie chronique.
Au-delà, la semaine macabre a aussi fait tomber, tel un château de cartes, l’idée selon laquelle le Covid-19 ne tue que les personnes âgées. Une dame et un homme de 37 ans ont succombé. Ce qui remet encore une fois les certitudes fondées ou pas sur cette pandémie.
Interrogé par la Rfm, Dr Ousmane Guèye, président de la Commission communication du Comité national des épidémies, appelle les sujets à risque à être plus précautionneux. «Tous les décès sont, soit des personnes âgées qui ont plus de 60 ans, soit des sujets adultes qui présentent une comorbidité. C’est la raison pour laquelle nous insistons sur ces personnes en disant ceux qui présentent les comorbidités et les personnes âgées de réduire leurs déplacements et de se protéger tout le temps», déclare Dr Ousmane Guèye. Interpellé sur la gestion des cas graves qui ont fini par succomber, il dit : «Les cas graves, que cela soit au Sénégal ou en Occident, restent des cas graves.» Il s’explique : «Aujourd’hui, la prise en charge ne pose pas problème parce que tant qu’il y a les lits chauds qui sont disponibles, on a un personnel qualifié et on a du matériel pour cela. Mais sachez que personne ne peut prédire qu’un cas grave va s’en sortir. Il y a des cas graves qui ont été hospitalisés et qui sont revenus en état clinique stable et ont quitté le service de la réanimation. Cela va continuer à exister, mais il y a des cas graves qu’on risquera de perdre. Ce qui est important, c’est de tout faire pour ne pas évoluer vers ces cas graves.»

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