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Les autorités religieuses ou même les missions diplomatiques, tout le monde attend des dirigeants politiques du Sénégal des mesures fortes qui permettent d’endiguer la maladie.

La progression du virus Covid-19 inquiète sérieusement au Sénégal et dans le monde. Si le gouvernement du Sénégal semble vouloir se soumettre à la bonne volonté des chefs religieux pour prendre les mesures drastiques attendues dans le sens de reporter des cérémonies religieuses de ce mois de mars, comme le Magal de Kazu radjab pour célébrer la mémoire de Serigne Fallou, le deuxième khalife de Cheikh Ahmadou Bamba, qui est prévu pour le 22 mars prochain, ou le Daaka de Médina Gounass qui devrait débuter aujourd’hui, ou encore la ziarra générale des Tidianes, prévue pour le dimanche prochain, les dignitaires religieux des différentes confréries semblent être dans l’attente d’un signal fort des autorités.
C’est du moins ce qui semble ressortir de la déclaration du khalife général des Khadres, Bécaye Al Bécaye Kounta, qui assure que «Ndiassane va se conformer à toutes les décisions émanant des autorités si de telles décisions sont pour le bien-être des populations sénégalaises».
Mais c’est de ce côté que l’on se heurte à un incompréhensible silence. A part les recommandations d’hygiène préconisées par les services du ministère de la Santé, le chef de l’Etat Macky Sall n’a pas osé franchir le pas de demander la suspension ou le report de toutes les manifestations religieuses rassemblant des milliers de personnes à travers le pays. Pourtant, on sait que l’individu qui a infecté les personnes de Touba, et dont on craint qu’il n’ait touché une centaine de personnes environ, est un Modou-Modou venu d’Italie pour assister au Magal de Porokhane. Et il n’est pas le seul à être venu d’Italie à l’occasion. Si rien n’est fait, le Magal de Kazu radjab va connaître des mêmes mouvements de foule et, à Dieu ne plaise !, des mêmes conséquences.
Face à l’indécision de l’Etat du Sénégal et au vu de l’évolution dans la plupart des pays d’Europe, diverses représentations des pays occidentaux à Dakar ont pris des mesures fortes.
Sans aller jusqu’au confinement absolu, les représentations diplomatiques ont commencé à limiter au strict minimum les contacts de leurs personnels avec le public. Un membre d’une ambassade étrangère dit même que si la situation du pays l’exige, le personnel diplomatique pourrait travailler à domicile ou réduire au minimum son personnel. Un autre dit que son ambassade est à l’écoute des autorités sénégalaises. «Si elles décident d’interdire les rassemblements des personnes et de limiter les contacts avec les publics, nous allons aussi nous adapter», dit le diplomate.

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