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Le milliard confié à la Société sénégalaise du droit d’auteur et droits voisins (Sodav) suscite des polémiques. L’Observatoire de la musique et des arts (Omart) accuse en effet celle-ci d’avoir le projet de soustraire 50 millions à titre de perdiems pour ses membres. Une accusation que le comité sous-secteur musique a rejetée dans un communiqué de presse.

Par Mame Woury THIOUBO Pour répartir les 3 milliards que l’Etat du Sénégal a alloués au secteur de la culture dans le cadre du Fonds Force-Covid-19, le ministre de la Culture et de la communication a décidé de confier 1 milliard à la Société sénégalaise du droit d’auteur et droits voisins (Sodav). A charge pour elle d’en assurer la répartition aux différents ayants droit. Mais cette option a encore suscité des polémiques puisque l’Observatoire de la musique et des arts (Omart) a, dans un communiqué, dénoncé la façon dont cet argent a été géré. L’Omart accuse la Sodav d’avoir «défalqué» 50 millions pour des perdiems et 85 millions pour un audit. «L’Omart dénonce cette attitude irresponsable et exige une plateforme de répartition à l’exemple du Comité de gestion du Covid-19 dirigé par un général», proteste l’Omart dans son communiqué. Cette position a toutefois suscité une levée de boucliers. Au sein même du comité sous-secteur musique, des voix se sont élevées pour réfuter ces propos. «Un communiqué de l’Omart en date du 12 juin 2020, relayé dans la presse et sur les réseaux sociaux, accuse la Sodav (Société sénégalaise du droit d’auteur et droits voisins) de vouloir s’accaparer de cinquante millions de francs destinés à tous ses ayants droit, toutes filières confondues, dans le cadre de l’aide accordée aux artistes et auxiliaires de la création. Le Comité sous-secteur musique, réuni ce 15 juin 2020, condamne avec la dernière énergie ces propos fallacieux et grotesques contre notre société de gestion collective», indiquent les membres de ce comité parmi lesquels Daniel Gomes de l’Association des métiers de la musique (Ams), des musiciens comme Dembel Diop, Papis Konaté et Djiby Guissé. «Les discussions et concertations en cours, auxquelles participe d’ailleurs l’Omart, n’ont encore abouti à aucune résolution définitive. D’autre part, la Sodav n’a aucun pouvoir de décision dans ce processus. Elle y participe seulement en tant que support technique habilité à distribuer l’aide destinée aux artistes. Elle est en conséquence tenue d’appliquer les instructions données par le ministère de la Culture sur la base des propositions des acteurs culturels», notent les membres du comité.

Le démenti de la Sodav
Du côté de la Sodav également, on balaie ces accusations. Et c’est pour préciser que la société n’a jamais été demandeuse, mais qu’elle a plutôt répondu à une demande de la tutelle pour assurer une répartition équitable de ces fonds entre tous les ayants droit. La Sodav précise même avoir décliné cette proposition du ministre d’utiliser 50 millions de francs Cfa comme frais pour la répartition. Durant la première réunion du comité de pilotage du Fonds Force-Covid-19 qui s’est tenue à la Maison de la presse mardi dernier, le ministre de la Culture avait tenu à expliquer pourquoi la Sodav a bénéficié d’une dotation aussi importante. «La dotation de la Sodav à cette hauteur est motivée par la capacité de cette organisation à enrôler le maximum de potentiels bénéficiaires du fonds», a expliqué Abdoulaye Diop aux représentants des différentes branches de la culture.
Dans le schéma de répartition publié par le ministère de la Culture et de la communication, un milliard de francs Cfa est confié à la Sodav pour le répartir à l’ensemble de ses sociétaires, quels que soient leurs secteurs d’activités et 500 autres millions sont destinés aux acteurs de la musique qui ne sont pas membres de la Sodav.

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