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Ils sont des acteurs culturels, mais inconnus des registres de la Sénégalaise des droits d’auteur et des droits voisins (Sodav). Ils ne pourront donc pas bénéficier du fonds de 120 millions mis en place pour soutenir les artistes. A la place, les jeunes qui s’activent dans les cérémonies familiales, à savoir les baptêmes et mariages, appellent au secours.

Les acteurs culturels sont parmi les plus impactés par le Covid-19. Pour leur venir en aide, la Sénégalaise des droits d’auteur et des droits voisins (Sodav) a décidé de partager 120 millions entre ces différents ayants droit qui auront chacun entre 30 et 500 mille francs. Si certains acteurs s’en réjouissent, ce n’est pas le cas de ceux qui s’activent dans les cérémonies familiales, à savoir les baptêmes et mariages, et qui se ne comptent pas parmi les sociétaires de la société des droits d’auteur. Fortement impactée par l’interdiction des rassemblements, cette catégorie d’acteurs culturels appelle au secours. «Nous sommes dans le calvaire. Je suis loin de l’époque où j’avais l’habitude de me retrouver avec des recettes mensuelles variant entre 100 et 300 mille francs le mois», regrette un jeune Dj, faisant parti d’un collectif regroupant des acteurs qui interviennent dans ce secteur, basés à l’Unité 3 des Parcelles Assainies et dont les services étaient sollicités en temps normal lors des cérémonies familiales. Mais depuis que le Covid-19 est entré au Sénégal, il n’y a plus d’activités pour ceux qui s’activent dans l’animation, ceux qui louent des bâches, des chaises, des ustensiles de cuisine et même ceux qui font des décorations lors des mariages. Se considérant comme laissés à leur propre sort, ils disent qu’il n’y a pas plus impacté que le secteur dans lequel ils évoluent. «Nous n’avons plus d’activité à cause de l’interdiction des cérémonies familiales pour éviter les rassemblements qui sont un facteur de propagation du Covid-19. Depuis, nous ne faisons que nous tourner les pouces», s’indigne le porte-parole du collectif, Ousseynou Guèye, plus connu sous le sobriquet de Ouzin et qui est Dj et par ailleurs promoteur de lutte à ses heures perdues. Tirant le diable par la queue alors qu’ils font face à des charges relatives au paiement de leur location entre autres, les membres de ce collectif souhaitent que le président de la République leur accorde une audience. A défaut, ils lancent un appel du pied au maire de leur commune ainsi qu’au ministre de la Jeunesse. «Nous souhaitons que les autorités nous prennent en compte par rapport aux fonds mis en place pour soutenir les impactés du Covid-19. Nous sommes en marge de l’aide qu’on apporte aux acteurs culturels, mais nous sommes bien pour en bénéficier. Nous souffrons le martyr, nous avons vraiment besoin de cette aide. Nous sommes tous des soutiens de famille», ne manque pas de souligner Ouzin qui affiche son inquiétude par rapport au discours du Président Macky Sall qui dit que la présence du Covid-19 risque d’être prolongée au Sénégal jusqu’en septembre prochain sur la base de l’avis d’experts qu’il a consultés. Cela risque de prolonger le calvaire dans lequel se trouvent ceux qui profitent des cérémonies familiales pour entretenir leurs progénitures et qui sont une cinquantaine de personnes regroupées au sein d’une association qu’ils viennent de mettre en place. «L’heure est très grave pour nous», dit-il, en paraphrasant le Président Macky Sall. «Nous sommes confrontés à des difficultés depuis trois mois. Tout est à l’arrêt. Il est grand temps que l’Etat nous vienne en aide. Nous lançons un appel solennel au Président Macky Sall. C’est un cri du cœur que nous lançons à l’endroit des autorités pour un soutien financier et moral», réaffirme par ailleurs Momar Mbaye, plus connu sous le sobriquet de Dj Omzo.

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