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Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal voit une «légèreté» dans la gestion du Covid-19 par le gouvernement. Une situation qui est «camouflée», selon eux, par une «communication inexacte» des autorités.

Alors que la flambée des cas de Covid-19 continue, la sortie du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) ne devrait pas donner du moral au gouvernement. «La légèreté observée dans la gestion de la 2ème vague de Covid-19 où, en dehors de Dakar, la gestion des cas graves est hypothétique», a diagnostiqué le Sames dans un préavis de grève adressé au ministre de la Fonction pu­blique. Selon ces blouses blanches, les hôpitaux et centres de traitement sont laissés à eux-mêmes. «Les régions de Matam, Kolda, Sédhiou, Kédougou et Kaffrine n’ont aucune capacité de réanimation, faute de réanimateurs et/ou de respirateurs. Cette situation est camouflée par une communication inexacte rassurante qui met en péril la santé des populations de toute ces zones où tout cas grave risque de perdre la vie», dénoncent les syndicalistes dans le préavis dont ampliation a été faite au président de la République.
En outre, le Sames reproche au ministre de la Santé une «gestion désastreuse des ressources humaines». Selon les syndicalistes, Abdoulaye Diouf Sarr «est en passe de faire des nominations clientélistes de jeunes novices aux postes de responsabilité les plus importants du ministère de la Santé et de l’action sociale, des mutations arbitraires et de l’absence de compétition aux postes, la règle». Le Sames ajoute : «La récente nomination d’un directeur des Ressources humaines sans expérience ni qualification en est le dernier exemple le plus édifiant, sans oublier les nominations à Dakar de médecins-chefs de district à leur premier poste, les mutations abusives des médecins-chefs de district de Saint-Louis et Richard Toll, etc. Le ministre de la Santé et de l’action sociale est resté sourd, malgré les multiples alertes que nous lui avons lancées. Toutes ces agressions se font en pleine période de Covid-19 profitant de notre esprit patriotique.»

Grève de 3 jours à partir du 8 février
Le Sames regrette également le «mutisme» de l’Etat sur les cas de jeunes médecins malades. «Nous pouvons citer le cas du Dr SOD (Sadio Ousmane Diédhiou) et du Dr MZ alors qu’il (l’Etat) évacue allègrement d’autres personnes souffrant de maladies moins graves», déplore le Sames. Ces professionnels de la santé dénoncent aussi «l’absence de prise en charge médicale correcte pour les étudiants, les médecins, les pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation ainsi que pour les internes, conduisant à ces situations regrettables». Le ministère de la Santé et de l’action sociale, soulignent-ils, «malgré son engagement, n’a pas finalisé le processus du statut des Des et celui des Internes prenant en compte leur prise en charge médicale».
A cela s’ajoutent, d’après le Sames, le «non-respect des accords signés par l’Etat en 2014 en rapport avec les parcelles à usage d’habitation de la Zac de Lac Rose, l’Indemnité de représentation médicale (Irm) due aux agents dans la commune des Parcelles As­sainies et le rappel de cette indemnité aux agents des collectivités territoriales, ceux de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) et ceux de l’Agence de la Cmu, sans compter les autres points de la plateforme revendicative de 2019 qui n’ont fait l’objet d’aucun traitement». En l’absence de «réponse appropriée» de l’autorité dans un délai d’un mois, le Sames «se réserve le droit d’observer un mouvement de grève initial de 72h à partir du 8 février 2021».

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