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Abdoulaye Daouda Diallo, ministre des Finances.

Le ministère des Finances et du budget a tenu un séminaire le week-end écoulé avec les parlementaires, pour les informer sur l’exécution de la Loi des finances écoulée et la préparation de celle à venir. A l’occasion, il a souligné que le pays pourrait finalement échapper à la récession et connaître une croissance positive.

Les parlementaires étaient le week-end passé à Saly Portudal, pour être formés sur l’exécution de la loi de finances 2020 ainsi que celle de 2021, et la manière dont le Sénégal a fait face à la pandémie. A l’occasion, le ministre des Finances et du budget Abdoulaye Daouda Diallo a souligné que l’année 2020 a été particulièrement difficile et éprouvante. Mais malgré cela, le gouvernement a essayé dans la mesure du possible de tenir les finances publiques dans le cadre qui a été arrêté. C’est pour cela, a-t-il souligné, que les déficits qui étaient arrêtés dans le cadre de l’ordonnance étaient affichés aux alentours de 6,2%. «Pour le moment nous le respectons, mais il y a des chances qu’on puisse glisser un peu aux alentours de 6,3 ou 6,4% parce que nous avons eu le soutien de nos partenaires. Mais cela dépendra de la mobilisation de nos recettes et nous pensons nous limiter à ces 6% de déficit.» De plus, dira-t-il, «dans un premier temps, nous avons projeté une croissance de 6,2% en début d’année, révisé à 1,1% et ensuite révisé dans un deuxième temps, pour une récession à – 0,7% du Pib. Mais il y a des chances, avec le comportement exceptionnel de l’agriculture, que nous nous retrouvions en définitive avec un taux de croissance inattendu qui sera au-delà de 2%. Mais c’est encore des projections».
Au cours du séminaire, le ministre des Finances et du budget a rappelé que le Sénégal est revenu de loin, avec le Covid-19 qui est loin d’être fini. Selon lui, l’année 2020 s’annonçait belle et la loi des finances 2020 renfermait des mesures innovantes, mais la pandémie a porté un sacré coup à l’économie.
Il a fait une piqure de rappel aux députés sur la gestion de l’année 2019, dont le budget a été clôturé dans des conditions optimales : «Durant la 1ère phase du Pse, le Sénégal était dans un train de croissance particulièrement important et en 2019, cette croissance a continué et nous nous sommes retrouvés à un taux de croissance de 5,3%. Cette croissance était accompagnée d’une faible inflation de l’ordre de 1% qui est très loin du seuil fixé par l’Uemoa qui est de 3%. Et en même temps, nous avons constaté une réduction régulière de notre déficit budgétaire, parce qu’on est passé de 6% à 3% en 2019, en ne prenant pas en compte le financement de la Senelec qui était de 125 milliards de francs Cfa. Au total, la gestion budgétaire 2019 a été jugée performante, avec l’atteinte de tous les objectifs, notamment de recettes. La loi de finances rectificative était arrêtée à un montant de 2 561 milliards 006 millions de francs Cfa contre 2 005 milliards 620 millions en 2018. Ce qui nous a valu une performance jamais égalée de l’ordre de 56 milliards en une année, c’est-à-dire exactement 555 milliards 980 millions de francs Cfa», s’est glorifié le ministre. A l’en croire, au terme de la gestion 2019, tous les indicateurs quantitatifs du programme économique, social et financier du Sénégal étaient respectés.
L‘année 2020 était partie sur le même train, mais malheureusement le Covid-19 est arrivé et a fait que le gouvernement a été obligé de réviser sa position, son budget et en même temps changer de paradigme ; d‘où la mise en place par le chef d’Etat d’un Plan de résilience économique et sociale doté de 1 000 milliards.

Un taux de décaissement de 645 milliards pour le plan de résilience économique
Pour alléger la souffrance des Sénégalais, des mesures exceptionnelles avaient été prises à travers le Programme de résilience économique qui était doté d’un montant de 1 000 milliards de francs Cfa, qui représentent 70% du Pib du Sénégal et l’équivalent du budget du Sénégal en 2003.
Selon le ministre des Finances et du budget, ce programme a connu un franc succès tant du point de vue de la mobilisation des ressources que de son exécution : «Ce programme de 1 000 milliards comportait une partie dite décaissable, c’est-à-dire qu’on devait sortir et payer, de 628 milliards. Mais en définitive, nous en avons mobilisé pour le moment 633,5 milliards, avec, attendus, 100 millions d’euros de l’Union européenne et 100 millions d’euros de l’Allemagne. Ce qui nous fera un peu plus de 130 milliards qui devraient compléter ces mobilisations. Aujourd’hui, on affiche un taux de décaissement de 645 milliards. Ce qui fait que le programme a été réalisé avec un franc succès. Nous sommes au-delà de 104% de réalisation.»
Par ailleurs, il a tenu à clarifier qu’il ne faut pas faire de confusion dans l’exécution budgétaire : «Le programme de résilience a été inséré dans l’exécution de notre budget, mais pour autant le budget dans son fondement initial a continué à être exécuté tel que vous les députés vous l’avez arrêté.»

Situation de l’année 2020
Face à cette situation, Abdoulaye Daouda Diallo a souligné que pour 2021, il faut que le Sénégal relance son économie. Le pays dispose déjà d’un Plan de résilience économique, mais également d’un Programme d’actions prioritaires. Selon le ministre, dans un premier temps, il s’était agi d’un plan de résilience, mais en vérité le Sénégal est assis sur un plan particulièrement solide et important, projeté à 2035, qui est le Pse. «Ce plan est invariable, il ne bouge pas, il reste. Maintenant, à chaque fois qu’il y a une situation nouvelle, il va connaître quelques ajustements. Ce qui a fait que dans le cadre de l’exécution du Plan d’actions prioritaires, dans sa deuxième phase qu’on appelle le Pap2A, le chef de l’Etat a décidé de changer quelques priorités. En 2019, débute la 2ème phase du Plan d’actions prioritaires (Pap2) 2019-2023 exécuté en 2019 sans aucune difficulté. Ce plan a été exécuté au moins pour 2 ans, il reste 3 ans à exécuter. C’est dans ces conditions qu’est survenue cette pandémie qui nous a mis dans l’obligation de repenser la cohérence de ce plan.»
Ainsi, le gouvernement compte s’appuyer sur ces leviers principaux pour accroître les dépenses et relancer la croissance. Il va également augmenter les recettes en instaurant de nouvelles mesures fiscales. Mais le ministre des Finances et du budget a tenu à préciser : «Ce n’est pas dans le sens d’augmenter les quotités. Nous n’augmenterons pas les impôts, mais ça sera plutôt une simplification de nos dispositifs fiscaux, mais aussi l’élargissement de notre assiette fiscale.»

Pour 2021, une croissance de 7,2% et un déficit de 5% attendus
En termes d’impact, il a annoncé une relance rapide de l’économie à partir de 2021 qui permettra de réaliser un taux de croissance sur la période 2021-2023 de 8,7%. «Avec en début pour cette année, un taux de 5,2%. Pour le budget de 2021, il faut retenir un déficit de 5% et un taux de croissance de 7,2%. On devra passer à 9% en 2022, pour atteindre le pic à partir de 2023 avec plus de 13%. Ce qui fait qu’on devra s’attendre dans cette période de 3 ans à un taux de croissance de l’ordre de 8,7%.» Il poursuit : «Le budget 2021 prévoit une amélioration significative des indicateurs macroéconomiques, avec un taux de croissance de 5,2%, mais aussi un taux d’inflation en deçà des critères de convergence, c’est-à-dire à 1,7%, inférieur aux 3% autorisés par l’Uemoa.»

Le budget 2021 estimé à 4 589 milliards 150 millions de francs Cfa
Le projet de loi 2021 serait de 4 589 milliards 150 millions de francs Cfa contre 4 215 milliards 200 millions en 2020, soit une hausse de 373 milliards 950 millions en valeur absolue et une valeur relative de 8,9%, a annoncé le ministre. Pour M. Abdou­laye Daouda Diallo, le déficit est attendu à 5% contre 6,1% en 2020 avec une projection de 4% en 2022 pour en définitive se retrouver aux alentours de 3% en 2023.
Pour le moment, a souligné le ministre, les critères de convergence sont suspendus «parce que tout a été déréglé et on ne peut pas continuer à avoir les mêmes analyses, les mêmes projections. L’on se retrouvera entre ministres de la zone Uemoa. Malheu­reusement, les choses semblent se compliquer avec nos différents partenaires de la zone. Mais pour ce qui concerne le Sénégal, nous pensons pouvoir réaliser ces projections».

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