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«Ne laissons au virus ni la vie, ni nos vies», Macky Sall
Le Corona virus desease 19 (Covid-19) peut être fortement apparenté à la grippe. En effet, les deux virus causaux sont de même famille génomique. Ce sont des virus de même patrimoine génétique. Leur transmission par les gouttelettes sont les mêmes.
Les signes cliniques sont quasiment identiques à quelques exceptions près : rhume, fièvre, mal de gorge, courbatures. Ensuite, grippe et infection à Covid-19 développent à peu près les mêmes complications.
L’Afrique jeune aurait un atout de taille qui pourrait être corrélé à des approches forgées selon notre démographie, notre culture, notre sociologie pour barrer la route au Covid-19.

Une infection dont la létalité est liée à l’âge et à l’état de santé des patients
C’est un truisme que d’écrire que la grippe touche le Sénégal, mais les statistiques du ministère de la Santé ne signalent aucun décès en 2016 ou 2017 par exemple. Cette même grippe cause la mort de pas moins de 10 mille Français. Il faut rappeler qu’un pic était atteint en France de 14 mille décès dus à la grippe dite saisonnière.
Cependant, ces décès concernaient les séniors de plus de 60 ans développant surtout une maladie chronique comme le diabète, l’insuffisance rénale ou toute affection réduisant le système immunitaire du sujet. Le Covid-19 semble agir de la même manière. Une étude en Chine, berceau de la présente pandémie, portant sur 72 mille 314 cas positifs, fut effectuée en février 2020. Les résultats ont montré que 80% des décès sont âgés de plus de 60 ans. 30% des malades se situaient entre 60 et 80 ans. (Irc, 2020).
En France à ce jour, trois quart des décès concernent des personnes âgées de 75 ans.
En Italie, l’âge moyen des décès est de 80 ans. Malgré les nombreux décès qui émeuvent le monde entier, moins de 10 décès ont entre 30 et 50 ans dans la péninsule. Le Covid-19 n’a pas encore causé le décès d’un bébé, ni d’un adolescent. Un seul a perdu la vie et dans la tranche d’âges 10-20 ans à travers le monde.
En Afrique, sur plus de 600 cas, on a compté 16 décès dont 1 en Afrique sub-saha­rien­ne (Burkina Faso), une femme de 61 ans atteinte de diabète.
En plus, il n’y a pas encore de traitement standardisé et pourtant on parle de guérison (étiologique et symptomatique). S’y ajoutent les essais prometteurs de la chloroquine avec Raoul.
Des questions peuvent se poser : ceux qui décèdent le sont-ils uniquement du Covid-19 ? Les complications sont-elles dues aux autres affections des sujets ? Ces statistiques montrent, si besoin en est, que la létalité du Covid-19 est liée à l’âge et à l’état sanitaire des patients. L’âge médian des foyers de l’infection est de plus de 40 ans alors qu’il est très élevé en Italie, 47 ans. L’âge médian au Sénégal est de 19 ans et que 65% de la population ont moins de 35 ans. Cette jeunesse de la structure de la population interpelle sur les approches de lutte à adopter.
Cependant, entendons-nous bien ! L’Etat doit poursuivre ses mesures et que même un Etat d’urgence sanitaire ne serait pas de trop. L’interdiction des rassemblements sont à faire respecter de la manière la plus rigoureuse. Seulement, toutes les décisions à venir doivent être adaptées à nos réalités pour une meilleure résilience.

Mesures présidentielles adaptées à encourager
Nous avons une spécificité démographique et sociologique qui exige des stratégies particulières.
Le confinement total des populations aurait été une mesure extrême importée et inadaptée. Heureusement, le Président Macky Sall a toujours été sensible aux couches vulnérables. C’est pourquoi l’Etat d’urgence déclaré par le chef de l’Etat a eu le don d’allier la rigueur exigée par la gravité de l’heure et la prise en compte du fonctionnement particulier de notre société et notre économie informelle.
En plus, nous occupons certaines habitations qui sont des concessions avec des effectifs pouvant aller jusqu’à 20 voire 30. Dans des quartiers de Dakar, des jeunes passent la nuit à la rue, faute de disponibilité de lits. Il y a des locataires qui peuvent partager à 10 une petite chambre. En cas de confinement total tant souhaité par certains, on risquait de produire l’inverse de l’objectif recherché consistant à éviter la contamination. En effet, on verrait de l’entassement et de la «sardinisation» pour ainsi dire, durant toute une journée. Ce qui pourrait susciter des mouvements d’humeur, de révolte. Notre faible économie, dominée par les activités de survie des ménages, ne saurait autoriser un «emprisonnement» de «gorgorlou» en perpétuelle quête de dépense quotidienne. Sous nos cieux, on vit au jour le jour ou sinon même, heure après heure.
Par ailleurs, le Sénégalais est un être foncièrement social, pour reprendre l’enseignement de Durkheim, mais surtout n’oublions pas que la santé est définie par l’Oms comme étant un état de bien-être physique, mental et social.
Avec le Covid-19, la cible sensible est la couche des séniors. Il faut y mener une communication pour qu’ils soient plus sédentaires en attendant que la pandémie disparaisse.
Les mesures préventives doivent être de rigueur : le lavage des mains et la distance sociale, entre autres.
Quant à l’Etat, ses efforts pour couper la chaîne de transmission sont à encourager avec la fermeture des frontières, la mise en quarantaine des cas suspects, des personnes-contacts et si possible, l’extension des tests dans la mesure du possible.
Nous devons rester vigilants certes, mais ne cédons pas trop à la peur. La configuration de la maladie ne nous désavantage pas outre mesure.
Cet «ennemi vicieux, mortel et invisible à l’œil nu» aura le paradoxe heureux de rebâtir notre unité nationale.
Dr Bara DIOP
PhD en Santé Publique
Enseignant-Chercheur à
l’Endss

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