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«Tant va la croyance à la vie, la vie réelle, s’entend, qu’à la fin cette croyance se perd…»
Ainsi parlait André Breton, célèbre écrivain français, dans le premier manifeste du surréalisme en 1924, après Zarathoustra (15ème et 11ème siècle av. J.-C.) qui serait né en Iran.
La vie, sous quelque forme qu’elle s’épanouisse dans l’univers, est faite de cycles et chaque cycle porte la marque du temps mesuré et du temps «dé-mesuré»…
«La science progresse d’évidences sommaires et provisoires, en évidences sommaires et provisoires», avons-nous appris en classe de philosophie des sciences au vingtième siècle (1973) et nos professeurs – grâces leur soient rendues – étaient de brillants philosophes.
L’homme et la science sont aujourd’hui face à un dilemme : comprendre le «cycle de réplication d’un virus dénommé Covid-19» ou disparaître dans les franges fragiles et exposées de sa population.
La «réplication virale» est définie de nos jours – cette définition changera un autre jour – comme suit :
Citation : La réplication virale est l’ensemble des processus biochimiques qui se déroulent dans la cellule infectée par un virus et qui ont pour effet de produire de nouvelles unités de ce virus (ou virions). Ce mode de multiplication parasitaire qui exploite le mécanisme de réplication de l’Adn est ce qui définit les virus. Fin de citation.
La science, mais pas encore la philosophie, nous apprend que le Covid-19 se présente sous la forme d’un Arn et non d’un Adn …
Qui a fait l’un et qui a fait l’autre ? Que fait l’un et que fait l’autre ?
Toutes les chaînes de la vie sont des chaînes génétiques, et pourtant la science médicale parle de plus en plus, sur presque toute l’étendue de la planète, de «rompre la chaîne de transmission du virus»…
Chaînes, enchaînements, déchaînements, au pluriel, car le singulier est déjà loin…
Quel(s) chemin(s) pour quel(s) virus ?
Quelle (s) réplique(s) pour quel(s) virus ?
Le virus Covid-19 se fraye son chemin dans l’organisme humain et il cherche, de façon éperdue, le chemin qui mène vers la cellule.
La cellule vit toujours : prophase, métaphase, anaphase et télophase…
Mitose ou mi-temps ?
Nous sommes au cœur de la reproduction cellulaire, de la génétique, qui est une science complexe et nous nous arrêterons là, en ce qui concerne la science, pour donner à présent à la philosophie sa place et toute sa place.
Les philosophes ont parlé après les médecins et les pharmaciens ; ils continueront, pour les mois à venir, à écrire, à parler et ils ne seront pas seuls ; les anthropologues, les ethnologues, les sociologues, les psychologues et les historiens parleront aussi ; chacun avec son vocabulaire, souvent ésotérique, et ses concepts, et ils écriront ; nous les lirons et surtout nous les écouterons avec une attention soutenue, car nos vies sont à ce prix.
La philosophie est née en s’étonnant face au «spectacle» de la vie : nous sommes peut-être – évitons les certitudes – à la croisée des chemins…
La planète – la terre telle que nous avons appris à la connaître – est touchée et elle doit «tenir» sous peine de soubresauts fatidiques et, de ce point de vue, la disparition il y a 66 millions d’années des dinosaures, ces «géants» herbivores qui ont précédé sur terre les hommes eux-mêmes, devenus omnivores, mérite réflexion.
Les virus ont précédé l’homme sur terre et nous sommes – il faut le rappeler – constitués de virus.
Citation : «Le corps d’un homme adulte sain abrite plus de trois mille milliards de virus, pour la plupart des bactériophages infectant les bactéries présentes dans le tractus intestinal et sur les muqueuses» Fin de citation.
Tous les virus ne sont pas heureusement pathogènes…
Le virus est fondateur, c’est-à-dire qu’il jette ses racines au plus profond des êtres qui vivent sur terre et dans les milliards de galaxies – la nôtre s’appelle la Voie Lactée – qui se déplacent dans l’univers.
La Voie lactée, notre galaxie, se déplace à une vitesse que les astrophysiciens ont calculée, vers une autre galaxie, Andromède ; lorsque les deux galaxies se rencontreront, nous ne serons plus là, mais les virus seront encore là…
Où se trouve donc la supériorité de l’homme qui naît, grandit et un jour disparaît ou plutôt change de forme, il «mute» ; l’homme, en effet, est un «mutant», mais l’homme, comme tous les virus nous l’ont appris, n’est pas le seul mutant dans l’univers…
Il arrive un jour, après que la terre ait longtemps tourné sur elle-même et surtout autour du soleil, que les «pendules soient remises à l’heure» ; le temps mesuré devient alors le «temps dé-mesuré», car les échelles de temps, soudain, changent et l’homme doit s’adapter ou périr ; l’homme, cet «être des lointains», connaît ce combat et il le perd rarement…
La vie de l’homme pourtant ne lui appartient pas : la vie est empruntée et vient une heure, l’heure qui sonne, où elle doit être rendue sous une forme connue ou inconnue ; «les états multiples de l’être» obéissent, encore une fois, à des cycles qui se déroulent souvent indépendamment de notre conscience première, la «conscience initiale», faite de rêves et d’espoir en une vie future, même transformée.
L’homme est devenu, au fil des siècles, un «être religieux», un être «relié» et cette relation le met en mouvement comme une horloge qui indique le temps, mais sans le «tic-tac» incessant et douloureux…
La transcendance vient tout expliquer, car l’intelligence de l’homme a ses limites.
Le philosophe est toujours appelé à la rescousse, car le philosophe est un être empreint de sagesse et de grande humilité (philosophie = amour de la sagesse)
Le virus dénommé par l’homme Covid-19 – le virus ne se nomme pas lui-même – est né dans l’hémisphère nord à l’approche de l’hiver, à quelques semaines du «solstice d’hiver» lorsque le basculement s’opère autour de l’axe d’inclinaison de la terre par rapport au soleil ; il est né, le virus, et cela est un mystère, lorsque la nuit est devenue plus grande que le jour…
Le virus est probablement «solsticial» : il sera «désactivé» à l’approche du solstice d’été (24 juin du calendrier grégorien), dans les pays tempérés, lorsque le jour deviendra plus grand que la nuit…
Trois grands règnes existent même si cette classification a changé : le règne minéral, le règne végétal et le règne animal, et ces trois règnes sont reliés, intimement reliés.
Tous les règnes, comme nous le savons, sont faits de cycles de durée inégale, mais aussi de durée égale.
Les oiseaux migrateurs qui ont quitté le parc national du Djoudj, troisième réserve ornithologique mondiale (trois millions d’oiseaux) il y a un mois – fin mars – sont marqués, dans leurs migrations annuelles par des cycles ; ils ont quitté plusieurs pays d’Europe à l’approche de l’hiver et sont venus «vivre» sur une terre ensoleillée et dans une zone humide, le Delta du Sahel, située dans le Nord du Sénégal à Saint-Louis, ville d’eau et de lumière…
Pourquoi évoquer les oiseaux migrateurs ? Parce que leurs déplacements intercontinentaux nous plongent au cœur d’une œuvre riche en enseignements hier et aujourd’hui, celle de al-Dîn Attar : La conférence des oiseaux.
Farid al-Dîn Attar, poète mystique né à Nichapour dans le Khorassan (Perse) vers 1142 et qui embrassa le soufisme, nous livre à travers ce récit «étonnant» – le philosophe doit s’étonner – les clés de sa compréhension du monde et il a choisi, dans le règne animal, les oiseaux, pour délivrer un message universel.
Il met en scène des oiseaux qui se mettent à la recherche de Simorg, l’oiseau royal qui porte donc «sa couronne» par lequel la vie continue sur terre…
Djalâl ad-Dîn Rûmî, né plus tard, en 1207, également dans le Khorassan (grande région de culture perse), élève assidu et passionné du grand penseur Shams de Tabriz, a écrit : «Hier, j’étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage et je me change moi-même…»
Les oiseaux chantent selon des cycles qui intègrent la lumière et ses variations au long du jour et le chant des oiseaux doit être décrypté ; les oiseaux connaissent la nature et contribuent, comme tant d’autres espèces, à son équilibre général.
La terre sera sauvée et les trois règnes également, mais les hommes, à quelque échelle qu’ils se situent, devront s’interroger quant à leur rapport à la nature, à leur environnement dans toutes ses composantes.
«La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort» (Marie François Xavier Bichat).
La vie et la mort sont liées et tout discours sur la mort restera un discours sur la vie…
Le règne de l’infiniment petit n’aura pas de fin…
«Tant va la croyance à la mort, la mort réelle s’entend, qu’à la fin cette croyance se perd» (Vovo Bombyx).
La paraphrase est un chemin ensoleillé…
Jean Michel SECK
Fann Hock
Commune Fann/Point E/Amitié

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