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Les choses ne doivent plus être comme avant. C’est l’avis des membres du Club Sénégal émergent qui ont préconisé jeudi des solutions pour la relance de l’économie du pays après la pandémie du Covid-19.

La crise liée au coronavirus a fortement entamé l’économie du pays. Ainsi, le Club Sénégal émergent pense déjà à l’après Covid-19. Pour la relance de l’économie, cette organisation a porté  jeudi sa réflexion sur le thème «Chocs et gestion du Covid-19 au Sénégal : quel nouveau cap pour la relance de l’économie ?». Selon le président du Club Sénégal émergent, pour relever l’économie du pays, il faut se baser au moins sur quatre piliers. D’abord sur l’agriculture et l’élevage, en produisant suffisamment pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Youssou­pha Diallo pense aussi que le secteur informel n’est pas moins important dans le développement du pays. A son avis, ce secteur qui concentre plus de 85% de la population doit être soutenu. Et pour ce faire, le président du Conseil d’administration de la Sonacos estime qu’il doit être rattaché aux Chambres de commerce. Cela permettra, dit-il, de les soutenir et de les amener à s’acquitter de leurs impôts qui vont contribuer au développement du pays.
Autre solution préconisée par le Club Sénégal émergent, c’est l’industrialisation. D’après Yous­soupha Diallo, l’industrialisation doit être compétitive, solidaire et transformatrice. Ainsi, elle permettra au pays non seulement d’être compétitif au niveau mondial, mais aussi d’avoir de la valeur ajoutée et de créer des emplois.
Les membres du Club Sénégal émergent considèrent aussi le secteur de la digitalisation comme un vecteur de l’économie nationale. A en croire M. Diallo, des études ont montré que durant cette crise de la pandémie du coronavirus, le Sénégal est le premier pays qui a utilisé le plus l’internet  dans le télétravail. Il arrive en tête  devant l’Afrique du Sud, se glorifie-t-il. Il ajoute que le Sénégal a montré ainsi  un chemin de valeur à développer dans la sous-région et en Afri­que.
Autre point qui pourrait permettre à notre pays de juguler cette crise, c’est l’annulation de la dette au développement. Toujours de l’avis du président du Club Sénégal émergent, il faut que les pays développés acceptent d’effacer la dette contractée par  les pays africains. Sinon, dit-il, les pays en voie de développement comme le nôtre seront très fatigués au sortir de cette crise. Ce qui l’amène à dire que le Prési­dent Macky Sall a raison de demander l’annulation de cette dette.
Les membres du Club Sénégal émergent, dans leurs propositions de solution, trouvent aussi qu’avec l’exploitation des ressources minières et aurifères, l’économie du pays pourrait bien être relancée.
Pour Youssoupha Diallo et ses camarades, le coût du baril du pétrole et celui de l’or vont augmenter après cette crise. Ainsi, les membres du Club Sénégal émergent s’accordent à dire que le Plan Sénégal émergent (Pse) trouve toute sa pertinence dans et l’après coronavirus. Seule­ment pour eux, il doit subir quelques rectifications qui seront dictées par les conséquences de cette pandémie.
Auparavant, le président du Club Sénégal émergent est revenu sur les chocs et la gestion de la crise du Covid-19. Quand la crise a éclaté, le pays a été impacté au plan économique, budgétaire et sanitaire. Et face à cette situation, le gouvernement a mis en place un plan de résilience en ce sens que le pays a une économie de survie dominée par 85% de l’informel. C’est ainsi qu’il a trouvé 1 000 milliards de francs, soit 10% du Pib et ¼ du budget national, pour venir en aide aux familles et aux personnes démunies à travers le fonds Force Covid-19. Il s’y ajoute l’accroissement de la pauvreté liée au fait que les émigrés affectés par la crise n’envoient plus de l’argent à leurs familles.

Défis à relever
Parlant du choc lié au coronavirus, le président du Club Sénégal émergent dira que le taux de croissance qui a été prévu en 2020 à 6,8% va se retrouver à 1,1% ou même à moins de 1%. Les secteurs les plus impactés par la crise sanitaire, énumère-t-il, sont le transport aérien, le tourisme, l’hôtellerie, la culture, l’artisanat, le secteur informel, entre autres. Les investissements publics ainsi que les recettes fiscales et douanières ont connu aussi une chute  pendant cette période. Mais heureusement, soutient M. Diallo, le Président Macky Sall a étalé son leadership en mettant en place le fonds Force Covid-19 qui a permis d’attribuer au secteur de la santé 64 milliards de francs Cfa, 69 milliards aux familles, 12,5 milliards aux émigrés  et 200 milliards  au secteur du tourisme et de l’hôtellerie… Une ligne de crédit, remarque-t-il, a été accordée aussi aux entreprises.
En dehors de ces aspects positifs, le Club émergent a souligné quelques défis à relever. Selon Youssoupha Diallo, des efforts restent à faire pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire au Sénégal. Aussi, relève le Club dans la même veine, le système sanitaire sénégalais nécessite aussi des perfections. «Il n’y a pas de plan sanitaire qui maille tout le territoire national et qui répond aux besoins des populations», remarque le président. Le Club salue tout de même la volonté du chef de l’Etat de recruter 500 agents de la santé et la mise en place d’un système de secours.

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