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Alors que toutes les branches du monde de la culture et des arts sont en train de réfléchir à la meilleure façon de faire la répartition des 3 milliards de francs Cfa alloués au secteur de la culture dans le cadre du Force Covid-19, les artistes-plasticiens ont adopté une démarche singulière. Ils ont proposé à l’Etat d’acquérir des œuvres qui seront ainsi dans son patrimoine.

Dans le cadre du soutien aux secteurs de la vie économique impactés par la pandémie du Coronavirus, l’Etat du Sénégal a mis à la disposition du secteur des arts et de la culture, une enveloppe de 3 milliards de francs Cfa. Cette enveloppe doit être repartie entre les différentes branches. Et depuis trois à quatre jours, les réunions s’enchaînent au ministère de la Culture et de la communication pour décider des clés de répartition. Le ministre Abdoulaye Diop ayant donné comme mot d’ordre que les premiers bénéficiaires puissent disposer de leur argent dès cette semaine prochaine ou celle d’après. Chez les artistes-plasticiens, la question est déjà tranchée. En effet, ces artistes ont décidé, à la place d’une banale répartition des espèces, de procéder à une grosse session d’œuvres à l’Etat. «Puisqu’on est dans une période qui coïncide avec la tenue de la Biennale qui est une période où beaucoup d’artistes se faisaient une bonne santé financière, nous avons proposé aux autorités de soutenir ces artistes en achetant leurs œuvres», explique l’artiste peintre Kalidou Kassé. Au téléphone, le pinçeau du Sahel indique que beaucoup de projets avaient été ficelés en direction de cette grande messe qui n’a pas pu se tenir au bout du compte, occasionnant un important manque à gagner chez certains artistes. L’achat d’œuvres par l’Etat du Sénégal va également permettre de donner plus de visibilité aux réalisations de ces artistes qui seront de ce fait dans le patrimoine de l’Etat. Cette formule, indique M. Kassé, a été avalisée par le ministre de la Culture au cours d’une rencontre d’échanges avec les acteurs. Il ne resterait plus qu’à trouver l’articulation qui permettra la mise en œuvre de cet arrangement. Toutes les régions du pays seront prises en compte, informe l’artiste qui estime que «c’est la meilleure formule».
La Biennale de l’art africain contemporain, qui était prévue cette année à Dakar du 28 mai au 28 juin, a été reportée à une date ultérieure. Mais selon Kalidou Kassé, beaucoup d’artistes avaient déjà engagé des frais pour se préparer à ce grand évènement. Les fonds alloués par le ministère permettront sans nul doute de soulager les artistes-plasticiens.
Dans les autres secteurs artistiques, les choses se mettent en place petit à petit. Après la rencontre qui s’est tenue vendredi dernier au ministère de la Culture et de la communication, un formulaire est en train de circuler pour recenser les artistes, managers, producteurs et techniciens du secteur de la musique. Pour les cultures urbaines, un appel à projets spécial Covid-19 a été lancé et déjà clôturé. Pour les autres branches des arts, la réflexion se poursuit nous dit-on du côté du ministère en concertation avec les acteurs afin de définir quels seront les ayants droit et bénéficiaires de ce fonds.

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