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Les autorités, qui font face à la saturation des structures de santé avec l’augmentation des cas, sont en train de revoir leur stratégie. Le ministère de la Santé, qui avait opté de mettre en quarantaine les personnes contacts et les voyageurs dans les réceptifs hôteliers, a décidé que ces derniers le seront à leur domicile. Les réceptifs hôteliers vont désormais être réservés à la prise en charge des patients positifs au Covid-19.

La capacité d’accueil de nos structures de santé est en train d’être éprouvée par la propagation du coronavirus. Hier, lors du point quotidien de la situation du ministère de la Santé, le directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire a reconnu qu’avec le nombre de cas qui augmente, «nos structures de santé sont en train d’atteindre leur degré de saturation». Une situation qui exige un changement dans la stratégie de prise en charge. Selon Dr Abdoulaye Bousso, «la prise en charge extrahospitalière va s’étendre à des réceptifs hôteliers». Expliquant ce changement, Dr Bousso souligne qu’il est difficile «de prendre certains patients positifs qui sont actuellement à domicile» qu’ils sont «en train de manager» avec les réceptifs hôteliers occupés par les personnes contacts. Ainsi, informe-t-il, ce changement dans la démarche va s’opérer à deux niveaux. D’abord concernant les voyageurs entrant, le directeur du Cous renseigne que «la décision qui a été prise c’est de revenir à notre stratégie initiale qui était de faire un screening de tous les voyageurs à l’entrée». Dans ce cas, indique-t-il, «toute personne suspecte sera isolée, prélevée en attendant son résultat». Et poursuit-il, «si cette personne est positive elle va être transférée dans un centre de traitement». S’agissant «des autres passagers qui arrivent au Sénégal et qui ne présentent aucun signe», M. Bousso informe qu’ils «devront rentrer chez eux et se mettre en quarantaine à leur domicile pendant 14 jours». Pour les personnes contacts, c’est aussi un retour à la stratégie initiale avec la prise en charge à domicile. En d’autres termes, Dr Bousso fait savoir qu’ils ne seront plus confinés dans les hôtels. «Les contacts vont être confinés à domicile et les réceptifs hôteliers vont être dédiés aux personnes positives. C’est la stratégie qui va démarrer et qui nous permettra d’avoir beaucoup plus de capacité. Parce que, ce que nous voulons c’est que nos hôpitaux ne soient pas transformés en hôpital Covid. Et que les autres maladies puissent continuer à être prises en charge dans nos structures de santé. Il est important aujourd’hui de pouvoir avoir d’autres lits et nous les trouvons aujourd’hui dans les réceptifs hôteliers qui vont être prioritaires pour nos patients positifs», a-t-il tenu à expliquer.
Par ailleurs, Dr Abdoulaye Bousso a rappelé que des sites extrahospitaliers ont été déjà mis en place à Guéréw, au Hangar des pèlerins de l’Aéroport Léopold Sédar Senghor, à Sédhiou, à Bambey. Dans cette dynamique, le directeur du Cous informe que «ces sites vont être développés dans toutes les régions». Ce, précise-t-il, «pour nous permettre de ne pas mettre en saturation nos structures de santé». «D’autres sites vont être opérationnels dans les prochaines heures», a-t-il assuré.

Fin des hospitalisations et quarantaines systématiques
Echec et mât
Ce fut un pari osé. Finalement, les autorités médicales ont dû se rendre compte de l’évidence : il est impossible de continuer à hospitalier tous les cas positifs. Hier, la troisième étape de la stratégie a été franchie avant même que la deuxième ne commence. Car, le transfert des patients asymptomatiques dans le cadre la prise en charge du traitement extrahospitalier n’a débuté que cette semaine. Vu le rush de malades, la capacité des centres choisis (Hangar des pèlerins de l’aéroport Léopold Sédar Senghor, le centre de réinsertion de Bambey, les centres de Guérew et de la Base militaire de Thiès) allait exploser cette semaine. Le vertige s’accroît du fait que l’on ne sait pas où va cette maladie malgré son taux de létalité marginal.
Aujourd’hui, le ministère de la Santé inaugure le troisième volet de sa stratégie, mise à rude épreuve par l’explosion des cas. En vidant les hôtels des contacts, qui seront désormais confinés chez eux, pour héberger les patients, les autorités devront activer la dernière étape du plan si la propagation actuelle de la maladie persiste : le traitement des malades à domicile comme en France où les cas bénignes étaient traités par téléconsultation. Une probabilité, qui fait froid dans le dos, qui rappelle cette phrase du chef de l’Etat : «Il faut apprendre à vivre avec le virus.» Ou cohabiter avec lui dans les maisons ? Sombres perspectives….

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