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La situation au Sénégal risque de s’aggraver si les mesures-barrières ne sont pas respectées avec la réouverture du transport interurbain. C’est l’alerte lancée par le Pr Moussa Seydi, Dr Abdoulaye Bousso et toute l’équipe de riposte samedi lors du bilan mensuel de la pandémie. Ils ont ainsi appelé à plus de vigilance et de responsabilité tout en s’abstenant de prononcer le mot «pic» dans leur discours.

«La pandémie n’est pas terminée, on n’est pas encore sorti de l’auberge, on peut passer à une situation plus grave si on n’y prend garde.» C’est la mise en garde faite par Dr Abdoulaye Bousso samedi lors du bilan mensuel sur la pandémie. Selon le directeur du Cous, avec la levée des restrictions dans le secteur des transports, il faudra redoubler de vigilance. Lors de cette rencontre, il a fait savoir que «si on va vers une situation plus grave, ce sont des cas graves et une mortalité qui va être plus élevée». Ainsi, il a appelé «au sens de la responsabilité de chacun surtout les jeunes pour qu’on puisse protéger les personnes âgées et les personnes vulnérables». Pour Dr Bousso, au lieu de dire vivre avec le virus, «il faut dire circuler, protéger». D’ailleurs, parlant de la décision prise de reprendre le transport interurbain, Dr Bousso souligne qu’il y aura une «difficulté à suivre tous les contacts».
Face à cette situation, le directeur du Cous fait savoir qu’une « stratégie devra être développée pour voir comment suivre les contacts». D’après lui, «la stratégie actuelle va forcément évoluée parce que les populations vont être amenées à bouger d’une région à une autre, d’un département à un autre». Il s’agit ainsi de voir «comment on va suivre les contacts et quelle est la pertinence de les suivre».
Autre point important soulevé lors de cette rencontre par Dr Bousso, ce sont les cas communautaires qui ne cessent d’augmenter. Selon lui, par rapport aux mesures édictées si personne ne respecte les mesures-barrières, il faudra s’attendre à l’augmentation de ces cas communautaires. Reconnaissant que le système est «sous stress», il fait savoir que dans la gestion de cette pandémie, «ce n’est pas évident d’absorber 4 000 patients». Pour le directeur du Cous, «l’analyse des cas communautaires devra se faire différemment». Dans ce cadre, il a fortement recommandé «la protection des groupes vulnérables, des personnes âgées et celles présentant des tares». «On devrait avoir un œil spécifique sur ces personnes. On le voit, la majorité des personnes asymptomatiques ce sont des jeunes entre 20 et 40 ans. Il est extrêmement important de mettre l’accent sur ces groupes vulnérables, une proposition sera faite pour le cas de ces groupes vulnérables», a-t-il indiqué.
En fonction de la stratégie, qui va être adoptée, Abdoulaye Bousso renseigne aussi que le nombre de tests pourrait évoluer. Expliquant cette situation, il soutient que «le fait de prendre la décision de suivre les contacts, de prélever tous les contacts symptomatiques et asymptomatiques peut aussi impacter le nombre de tests réalisés». Et Dr Bousso d’ajouter : «Cela ne veut pas dire que les choses vont évoluer dans un bon sens, ça ne va être que la face visible de l’iceberg.» Une autre question qui inquiète les autorités sanitaires ce sont les cas graves. Parce que d’après Dr Bousso, avec l’augmentation des cas positifs, il ne faudrait pas s’étonner que le nombre de cas graves augmente. «Si les mesures barrières ne sont pas respectées, si aujourd’hui les gens circulent librement ce qui est sûr c’est que le virus est en train de circuler dans le pays. La transmission elle est active, elle se poursuit, il est extrêmement important qu’on puisse prendre en compte cet aspect. C’est aujourd’hui plus qu’avant qu’il faut respecter ces mesures-barrières. L’indicateur de cas graves risque d’augmenter et nos hôpitaux n’auront pas la capacité de faire face», a-t-il insisté.
Dans la même veine, il fait savoir qu’il faudra surveiller les cas graves, qui sont liés aux décès afin «de mesurer l’impact de cette pandémie». Lors de son intervention, le Pr Moussa Seydi a encore insisté sur la prévention qui, selon lui, doit être la priorité. Comme il le fait savoir depuis l’apparition du Coronavirus au Sénégal, Pr Seydi attire l’attention sur le fait que «plus les cas augmentent, plus il y aura de cas graves et de décès». Tout comme lui, Dr Bousso souligne que «si on veut mettre fin à la transmission, il faut respecter les mesures barrières : le lavage des mains, la distanciation physique, le port du masque». Embouchant la même trompette, Pr Seydi ajoute qu’il ne faut «pas se leurrer, plus il y a des cas, plus nous risquons d’être débordés, et les conséquences risquent de retomber sur tout le monde». D’où pour lui, l’importance d’en appeler à la responsabilité de chacun pour le «respect des mesures qui sont édictées par le ministère de la Santé et de l’action sociale qui sont des mesures simples et invariables».

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