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Fortement peuplée, Keur Massar inquiète les autorités médicales qui font tout pour retracer le cas zéro après qu’elles ont constaté 2 contaminations communautaires. Désormais, la commune a au moins 5 personnes infectées et plusieurs personnes à haut risque sous surveillance.

Les transmissions communautaires commencent à faire beaucoup. Hier, il y avait deux cas issus de cette contamination et 9 cas contacts sur les 110 tests réalisés par l’Institut Pasteur. Ces cas communautaires montrent toute la difficulté à trouver le cas zéro. Suite à cette nouvelle forme de contamination qui se développe davantage dans le pays, le Service de gestion des épidémies et les autorités sanitaires, selon le ministre de la Santé, se sont réunis pour étudier cette situation. L’occasion a été ainsi saisie pour demander aux communes de mettre en œuvre leur propre stratégie de gestion de la maladie.
Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur Keur Massar. Densément peuplée, cette commune, située dans la banlieue dakaroise, présente un tableau assez inquiétant avec une hausse des cas qui donne de la fièvre au maire de la localité. «Le lundi nous étions à 5 cas. Au début, c’était un seul cas. L’individu était venu de Touba pour rendre visite à ses parents. Après deux semaines, la maladie l’a attaqué, il a été testé positif au niveau du district. Le second, c’est aussi un homme qui est revenu de voyage. Il est resté une à deux semaines et la maladie l’a terrassé», explique le maire de Keur Massar, interviewé par Igfm. Selon Moustapha Mbengue, les trois nouvelles infections enregistrées lundi sont des contacts de la famille des deux premiers cas. «Le premier a généré un cas contact confirmé. Un membre de sa famille a été testé positif. Pour l’autre, deux autres personnes ont été testées positives», précise-t-il.

11 nouveaux cas dont 2 communautaires
Quid des cas communautaires ? Le maire explique : «Ce sont les deux premiers cas qui ont contaminé les membres de leur famille sans savoir où ils ont été contaminés.» La difficulté est évidemment de retrouver le cas zéro. «On est en train de faire des enquêtes depuis le premier cas. Aussi, retracer les contacts à haut risque et les trouver. Les contacts à risque du premier gars tournent autour de dix. Et on a fait des tests pour voir. Le deuxième cas a eu des contacts avec vingt personnes. Elles ont toutes été testées. On attend les résultats. C’est difficile de tracer tout leur parcours. Mais il faut surtout tracer des gens qui sont à haut risque.» Que faire même si l’entrée de la commune a été complètement nettoyée de ses occupants ? «Avec la forte population, le rond-point de la station Shell où il y a toujours des regroupements, des marchands ambulants, des transporteurs, des gens qui passent pour aller à Jaxaay, Tivaouane Peulh, Malika etc., il faut que l’Etat nous appuie. La gendarmerie de Keur Massar ne compte que 13 éléments. Ce qui n’est pas suffisant pour une commune de 25 km2 et de 600 mille habitants. Si on a des éléments de la gendarmerie ou de la police qui vont monter la garde au niveau du rond-point de jour comme de nuit, je pense que nous pourrons maîtriser la situation. Mais si on la laisse comme ça, c’est une bombe à retardement», explique Moustapha Mbengue. En tout cas, cette situation ne laisse pas indifférentes les autorités sanitaires qui ont provoqué une discussion avec le Comité de gestion des pandémies pour cette commune.
Par ailleurs, les autorités sanitaires ont aussi pris la décision d’interdire le rapatriement des dépouilles. Selon le ministre de la Santé et de l’action sociale qui faisait hier le point, la manipulation des corps peut facilement entraîner la contamination au virus si l’individu est atteint du Covid-19.
A ce jour, le Sénégal compte 237 cas déclarés positifs dont 105 guéris, 2 décès et une évacuation.

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