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Très attendu, le témoignage du général Philippe Mangou, ex-Chef d’Etat-major de l’Armée (Cema), a débuté hier à la Cour pénale internationale (Cpi) où l’ancien patron de l’Armée ivoirienne a annoncé qu’il prenait toutes ses instructions chez le Président Laurent Gbagbo poursuivi pour «crimes contre l’humanité et crimes de guerre» lors de la crise post-électorale de décembre 2010 à avril 2011.

Vêtu d’un costume bleu sur une chemise blanche assortie d’une cravate zébrée bleue-rose, le général Philippe Mangou, très détendu, a décliné son identité ainsi que son curriculum vitae à la Cour avant de se soumettre aux questions de l’accusation. L’officier supérieur affirme avoir suivi le procès de loin, notamment les témoignages d’un «jeune Libérien» et ceux des généraux Edouard Kassaraté et Georges Guiai Bi Poin que «je n’ai pas terminés», précise-t-il. «Quelle est votre responsabilité ou votre rôle dans la crise post-électorale du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, jour de l’arrestation de M. Gbagbo ?», interroge le procureur.
Le général Philippe Mangou, qui dit prendre «toutes (ses) instructions chez le Président Laurent Gbagbo pendant la crise», raconte qu’il y avait «deux grandes entités» à cette époque. «Une entité conduite par le colonel Konan Boniface sur le théâtre des opérations et l’autre sous la responsabilité du général Firmin Détoh pour les unités de la ville d’Abidjan», indique-t-il. «Moi, j’étais au centre de planification et de coordination des opérations. Je faisais ma guerre à moi sur la carte à partir des informations que je recevais de Konan Boniface et de Firmin Détoh. Je jouais le rôle de coordonnateur», précise encore le général Mangou, qui rendait compte «à la fois au chef de l’Etat et au ministre de la défense» eu égard à «l’urgence» de la situation. Selon le témoin, il n’avait pas «le contrôle» de toutes les forces de défense en dépit de sa fonction de chef d’Etat-major de l’Armée, notamment la Garde républicaine. Selon son décret de création, la Garde républicaine, explique Philippe Mangou, est sous «la responsabilité du Cema». Mais à la pratique, le commandant de cette unité, «le général Dogbo Blé, ne référait qu’au chef de l’Etat, Laurent Gbagbo», soutient-il. «Dogbo Blé étant en même temps le commandant du Palais, il ne rendait compte qu’au Président Laurent Gbagbo. Chaque fois qu’on le convoque pour une réunion, il dit qu’il est avec le Président. Entre Dieu et l’ange, il est évident qu’on se tourne vers Dieu. D’ailleurs, en sept ans de commandement, Dogbo Blé n’a assisté que deux fois à une réunion de l’Etat-major», ajoute le général Mangou.
Interrogé sur les missions du Cecos (Centre de commandement des opérations de sécurité), l’ex-Cema indique que cette unité, composée de policiers, gendarmes et militaires, était sous la responsabilité «directe» du ministre de l’Intérieur. «Avec l’armement mis à sa disposition, notamment, des mitrailleuses lourdes pouvant tirer jusqu’à 1 200 m, des Rpg pour lancer des roquettes non guidées ainsi que des grenades offensives et défensives, le Cecos n’était plus dans le cadre de sa mission qui était de lutter contre le grand banditisme», déplore M. Mangou.
abidjan.net

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