PARTAGER

Lors d’une rencontre hier sur les relations entre l’Afrique et la Cpi, le président de l’As­semblée des Etats parties au Statut de Rome a plaidé le renforcement des juridictions africaines pour juger les crimes de masse. Me Sidi­ki Kaba a cité l’«exemplarité» du procès de Hissein Habré pour en déduire que «l’Afrique peut juger l’Afrique…»

Les relations entre la Cour pénale internationale (Cpi) et l’Afrique ne sont pas au beau fixe. D’ailleurs, le président de l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome le reconnait mais appelle les Etats africains à rester dans cette cour accusée d’être dirigée contre l’Afrique et ses dirigeants. Pour lui, un retrait collectif, idée qui serait en vogue dans les couloirs de Addis Abéba, siège de l’Union africaine, «n’est pas la bonne solution». Pour Me Sidiki Kaba, le problème n’est pas de quitter la Cpi mais de renforcer les juridictions africaines pour juger les crimes de masse. Pour s’en convaincre, le Garde des sceaux ne cherche pas loin pour trouver un exemple : le procès de Hissein Habré. «On a organisé au Sénégal un procès de qualité internationale offrant toutes les garanties aux accusés, à la défense et aux victimes. Cela montre que l’Afrique peut juger l’Afrique, ses enfants, ses dirigeants… C’est ce que nous voulons voir sur l’ensemble du continent africain», a plaidé le ministre de la Justice, hier lors  d’une rencontre de haut niveau sur «le renforcement des systèmes judiciaires africains par le biais de la complémentarité et de la coopération efficace et dynamique avec la Cpi».

Retour de la Gambie et de l’Afrique du Sud à la Cpi
Ce procès historique, qui a connu son épilogue le 27 avril 2017, constitue, selon le Premier ministre Mahammed Dionne, «la preuve que l’Afrique dispose moyens de juger les crimes de masse et que les Africains ne sont pas contre la justice pénale internationale». D’après le chef du gouvernement, l’Afrique doit promouvoir une justice forte et efficace. Et cela, dit-il, «passe nécessairement par le relèvement des budgets des ministères de la Justice, des pays africains, une domestication des normes internationales, une formation pointue et continue des acteurs judiciaires et une modernisation de nos systèmes judiciaires». Pour M. Dionne, la justice pénale internationale «ne prime pas sur le droit national mais complète ses failles et faiblesses lorsque les systèmes judiciaires nationaux ne disposent pas de capacités nécessaires ou n’ont pas la volonté de juger leurs crimes de masse». Enfin Me Sidiki Kaba a annoncé le retour de la Gambie et de l’Afrique du Sud à la Cpi et espère un «dialogue fructueux» avec le Burundi pour le faire revenir sur sa décision de quitter la juridiction internationale.
bgdiop@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here