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La loi sur les Bureaux d’information sur le crédit (Bic) est certes passée devant l’Assemblée nationale, mais les questions demeurent quant à l’intérêt réel de ce dispositif. Volo, le Bic agréé au Sénégal par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), souligne que ce dispositif va mettre fin à l’asymétrie de l’information qui empêchait les banques d’accorder des crédits à leurs clients.

Le texte de loi sur les Bureaux d’information sur le crédit (Bic) est passé comme lettre à la poste devant l’Assemblée nationale, mais les organisations de défense des usagers de banque continuent de dénoncer cette loi qui vient alourdir les procédures d’obtention de crédit en plus de favoriser une hausse des taux d’intérêt. Selon le représentant du Bic Volo au Sénégal, M. Joseph Gbegnon, il n’en est rien. Au contraire, indique-t-il, la présence d’un Bic est bénéfique en ce sens qu’il permet de protéger les clients du risque de surendettement. Il en veut pour preuve les taux de financement des entreprises par les banques. En Afrique du Sud par exemple, ce taux est de 200% contre 100% au Kenya. «C’est l’asymétrie d’information qui empêche les banques de faire du crédit», conclut M. Gbegnon qui explique que les Bic «rendent transparentes les relations entre les banques et les clients. Tout le monde va montrer patte blanche désormais et les crédits se feront sans difficulté», assure-t-il.
Mais selon Mme Soukeyna Ndiaye Ba, le problème de l’accès au crédit est beaucoup plus complexe. «Vous pouvez mettre en place une entreprise et que ça ne marche pas pour une raison ou une autre. Et pour ces personnes- là, il n’y a pas de filet de sécurité. Par exemple dans l’aviculture, vous empruntez pour la faire, mais s’il y a une épidémie et que vous n’avez pas d’assurance, vous perdez et vous devez rembourser l’institution. On est en face d’énormément de difficultés dont on ne parle pas», explique Mme Ba. Toutefois, comme beaucoup d’acteurs du secteur financier, elle estime que la mise en place de Bic va permettre de savoir à quel client on a affaire. «Si c’est un client qui a une entreprise qui marche depuis des années, ce n’est pas la même chose que quelqu’un qui démarre. Si vous connaissez votre client, vous pouvez lui proposer un financement adapté à ses besoins.» En outre, elle estime que «la raison fondamentale pour laquelle beaucoup de gens dans notre secteur avaient demandé la mise en place des Bic, c’est parce qu’on assiste à un papillonnage des clients».

Contrôle de la Bceao
Dans leur fonctionnement, ces Bic qui sont agréés par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) ne collectent pas d’informations personnelles. «On collecte toutes les infos dans les banques et auprès des grands facturiers. Et ces informations sont retraitées dans une plateforme de telle sorte que quand un client est engagé dans une banque, l’établissement de crédit peut savoir quels sont ces engagements et si ses revenus lui permettent de faire face à des engagements supplémentaires», explique M. Gbegnon. Le rapport de solvabilité établi par le Bic sert alors de base à la banque pour le traitement de la demande de crédit. En outre, le recours à un Bic est soumis au consentement préalable du client, précise M. Volo qui se dit soumis à la loi bancaire et à celle de protection des données personnelles. D’ailleurs, indique M. Gbegnon, les données collectées sont conservées dans l’espace communautaire à Abidjan et au sein du data center de Tigo à Dakar.
mamewoury@lequotidien.sn

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