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Je suis vraiment triste et peinée. Ici comme ailleurs, la violence est érigée en règle sous le regard approbateur des forts au détriment des faibles. Au niveau international comme au niveau national, les gouvernants sont devenus les plus grands violateurs des droits humains.
Hier, pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, «on sablait le champagne, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine». La répression des manifestations palestiniennes le long de la barrière de sécurité israélienne entourant la bande de Gaza aurait occasionné au moins 58 morts et plus de 2000 blessés par balles. Où est cette utopique Communauté internationale ? Où est cette pseudo Oumma islamique ?
Aujourd’hui, au Sénégal, la violence, la mal-gouvernance et la corruption qui pullulent dans tous les milieux ne promettent pas de lendemains meilleurs. Pendant que des étudiants peinent à obtenir leur bourse, des compatriotes meurent à l’étranger sans aucune réaction officielle, nous assistons à des constructions d’Arène nationale d’un coût de 30 milliards ; des enveloppes de 10 à 20 millions qui se distribuent dans des cérémonies festives parrainées par des leaders politiques ; des entreprises nationales qui ferment, faute de marchés et des bavures policières qui se multiplient.
Pire, la justice, dernier rempart de la démocratie, n’inspire plus confiance. L’impunité est érigée en règle, la politique politicienne primée et la méritocratie cède la place au clientélisme politique, la dictature et la médiocrité deviennent le mode de gouvernance.
Eh bien, osons le dire, depuis un certain temps, on assiste, au Sénégal, à des pratiques attentatoires aux principes sacro-saints de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice, considérée sous le double rapport de dernier rempart des citoyens et de garantie de l’Etat de droit. L’ingérence intempestive de l’exécutif dans le fonctionnement interne du pouvoir judiciaire procède, désormais d’un simple secret de polichinelle.
A la célèbre citation selon laquelle «pour vivre heureux, il faut vivre caché», je réplique dans le monde d’aujourd’hui, «pour vivre heureux, il faut vivre ignorant». Oui, car ce qui est plus dur, ce n’est pas de voir que ses droits les plus élémentaires sont violés mais de connaitre ses droits, de savoir la justiciabilité de ses droits, le caractère universel de leur reconnaissance et de voir et de savoir qu’ils sont bafoués dans toute leur plénitude et que tu n’as ni le pouvoir ni les aptitudes d’exiger leur effectivité.
Le droit international tout comme le droit national n’est respecté que s’il sert l’intérêt des plus forts, des plus riches ou des plus puissants. Pourtant, nos meilleures armes pour combattre les fléaux actuels, notamment la pauvreté, le radicalisme, l’insécurité, les crimes, résident dans le respect strict des droits de tous. Si la justice ne joue pas son rôle, des gens chercheront à se faire justice eux-mêmes, au grand dam de la paix et de la sécurité mondiale. Si l’application de la loi est dure, essayez l’anarchie ! aurait dit mon Professeur. Je pense que les conséquences seront plus douloureuses.
La justice, l’égalité, la démocratie, ne doivent plus être considérées comme des idéaux, il est temps que les théories pures de la démocratie, des droits de l’Homme, de la bonne gouvernance et de l’état de droit, deviennent une réalité ici comme ailleurs.
Dr Ndèye Amy NDIAYE
akole85@gmail.com

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