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Après avoir révélé le meurtre par les hommes de main de l’ex-Président gambien de 50 victimes, voilà que Human right watch (Hrw) revient avec l’Ong Trial International pour annoncer d’autres victimes -dont ses propres parents- de Yahya Jammeh que ce dernier aurait fait disparaître en Casamance.

La traque aux preuves des bavures du régime de l’ex-Président gambien se poursuit de plus belle et produit des résultats. Du moins si l’on s’en tient aux éléments fournis par les Ong Human right watch et Trial International. Ces deux organisations de defense des droits humains, fouillant dans le passé du règne de terreur de Yahya Jammeh, citant d’anciens membres des Junglers (l’escadron de la mort de Jammeh), informent en effet que «les hommes de main de l’ancien dictateur gambien Yahya Jammeh se seraient servis de la Casamance à au moins trois reprises, pour y abattre ceux qu’il considérait comme les ennemis du régime». Ces informations ont fait l’objet d’analyses de la part d’organisations de défense des droits humains tout comme «certains témoignages». D’autres ont été recueillis au cours des enquêtes menées par les Ong Human rights watch et Trial Inter­national, renseigne-t-on.
«Le cas le plus emblématique est le meurtre en juillet 2005 de plus de 50 migrants, parmi lesquels on compte principalement des Ghanéens, mais aussi deux Sénégalais. L’un d’entre eux a été identifié comme Pape Diop, selon un témoignage recueilli par les Ong. Bai Lowe, un ancien Jungler, a raconté, lors d’une interview diffusée sur une radio gambienne opérant depuis les Etats-Unis, que les migrants avaient été tués à Vounor, un village sénégalais abandonné en Casamance», soulignent les enquêteurs des Ong de droits humains.

Jammeh aurait enterré 2 membres de sa propre famille dans un puits
Autre révélation faisant froid dans le dos : «A la frontière entre le Sénégal et le fief de l’ancien Président, Kanilai. Les corps de migrants, pris pour des mercenaires, auraient ensuite été jetés dans un puits abandonné non loin du lieu où ils ont été abattus.» «D’après Bai Lowe, il existerait plusieurs puits abandonnés dans cette région frontalière, qui appartenaient à des bergers Fulas qui s’en servaient pour abreuver leur bétail, mais le terrain aurait été miné par les rebelles casamançais. Une semaine avant ce tragique évènement, et toujours selon Bai Lowe, Jammeh aurait déjà eu recours à ce puits pour y faire enterrer deux membres de sa propre famille : Haruna Jammeh et Marcie Jammeh, ses cousins de premier degré, qui avaient tenté de s’opposer à lui», poursuit-on.
La charge contre Jammeh se prolonge. Elle fait état de la Casamance «utilisée» par l’ex-dictateur gambien comme «son cimetière personnel», puisque Human Rights Watch et Trial International soutiennent qu’il y aurait fait «disparaître le corps du chef des services du renseignement de l’époque, Daba Marenah, ainsi que quatre autres officiers accusés d’avoir fomenté une tentative de coup d’Etat contre lui».
«J’ai entendu à la radio que mon père a été assassiné et jeté dans un puits en Casamance. Je veux savoir quel puits, je veux qu’on le trouve et je veux qu’on nous le rende», a déclaré Ayesha Jammeh, la nièce de Yahya Jammeh et l’une des figures de proue dans la lutte pour traduire en justice Yahya Jammeh et ses complices. Qui ne peut s’empêcher d’exprimer le vœu de sa famille : «Nous voulons pouvoir donner à mon père une véritable sépulture.»
mdiatta@lequotidien.sn

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