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Le torchon brûle toujours entre la direction de l’Hôpital régional de Saint-Louis et les travailleurs. Après plusieurs mois de grève, ils ont organisé hier une marche pour protester contre leurs dures conditions de travail et la gestion «gabegique» de la structure.

Les travailleurs regroupés dans une coalition dénommée 3S composée du Sas, du Sames et du Sutsa, composés du personnel médical, technique et administratif ont en effet marché dans les artères du grand quartier de Sor avec l’appui de certains usagers. Des pancartes à la main et scandant des slogans hostiles aux responsables de l’hôpital, ils ont dénoncé la mauvaise gestion de la structure hospitalière, qui serait malade, selon eux, à cause de la panne de plusieurs appareils et de l’absence de médecins dans certaines spécialités. Selon Honorio Tending, leur porte-parole, «il y a beaucoup de problèmes aujourd’hui à l’hôpital de Saint-Louis où l’Etat a fait un investissement de plus de 844 millions obtenus de la Banque mondiale en plus d’une subvention de 365 millions, soit plus d’un milliard de F Cfa investis pour que les populations puissent se soigner et que les travailleurs soient dans de bonnes conditions de travail». Seule­ment, se désole le porte-parole des syndicalistes, «c’est l’effet contraire qui a été obtenu, car cet argent a été dilapidé dans la mesure où le matériel acheté est tombé en panne après seulement 3 mois d’utilisation». Selon M. Tending, une radioscopie, qui a coûté plus de 300 millions, est tombée en panne de même qu’une autre machine d’endoscopie payée à 111 millions de F Cfa. «Ce qui fait que pour une radio Rachid ou pour une radio du bassin, les malades sont obligés d’aller soit à Louga ou à Thiès pour ensuite amener les résultats au médecin traitant basé à Saint-Louis», annonce M. Tending. Pour mettre fin à cette situation, les travailleurs invitent l’Etat à venir voir ce qui se passe à l’Hôpital régional de Saint-Louis en y envoyant une mission d’audit afin de fouiller la gestion de la structure et de bouter dehors les éventuels fautifs s’il est vraiment avéré que l’argent de la structure a été dilapidé. Les travailleurs sont d’ailleurs allés plus loin car pour eux «le vrai problème de l’hôpital de Saint-Louis c’est son Acp en place depuis 12 ans et qui monte les travailleurs contre les directeurs qui ne seraient pas de connivence avec lui».
Depuis plusieurs semaines, les travailleurs et la direction de l’hôpital se livrent une guerre sans merci, les premiers appelant régulièrement leurs camarades à observer des mots d’ordre de grève ou de sit-in pour protester contre la mauvaise gestion et la direction dénonçant l’attitude des travailleurs qu’elle qualifie de chantage. Pour elle, ils réclament des motivations alors qu’ils ne travaillent pas, veulent prendre les malades en otage pour satisfaire leurs revendications personnelles. Dans cette bataille sans merci, les grands perdants sont jusque-là les malades qui continuent de souffrir en attendant que le ministère de la Santé ne se résolve à jouer les arbitres.
cndiongue@lequotidien.sn

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