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Les nombreuses crises cycliques de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis commencent à agacer plus d’un. Cette situation est d’autant plus préoccupante pour les anciens «sanarois» que nous sommes et qui suivons cette évolution avec beaucoup d’amertume.
Cette université, dont la première pierre a été posée par le Président Léopold Sédar Senghor le 14 janvier 1975, a toujours été une référence pour le Sénégal, la sous-région et le continent de façon plus large.
Cette université qui a accueilli sa première cohorte de 600 étudiants le 17 décembre 1990 présente aujourd’hui un visage autre que celui souhaité à sa création. Le début des années 2000 a vu la cadence commencer à s’accélérer.
Dans le rapport d’activités 2007 de l’institut universitaire, on peut lire «De 4 443 étudiants, en termes d’évolution d’effectifs en 2007, l’Ugb compte atteindre quinze mille (15 000) étudiants en 2012-2013 et se stabiliser à vingt-cinq mille (25 000) étudiants en 2017-2018.» Ce meme rapport souligne que le budget de l’université est à 2 milliards 018 millions 860 mille 291 F Cfa alors que les besoins réels sont autour de 4 milliards 219 millions 183 mille 582 F Cfa.
Peut-on être performant avec cette situation qui perdure jusqu’à présent ?
La response est bien sûr non.
Toutefois, concernant nos frères étudiants, il est :
Inacceptable que la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) puisse s’attaquer à l’autorité morale de l’université par le déversement d’eaux usées dans les locaux du rectorat. Ce geste qu’aucun des composantes de l’université ne peut tolérer est à condamner très rapidement par cette même Cesl, avec la présentation d’excuses.
Inaceptable que des étudiants, quels que soient les différends, puissent en arriver, en 2019, à insulter des enseignants, le recteur, personne morale de cette institution compris ;
Inacceptable pour la Cesl de monnayer le décès de Fallou Sène avec la résolution de leurs revendications somme toute pertinentes. Sur le dos de feu Fallou Sène, le prix des tickets a été réduit et des bourses supplémentaires accordées. Ce frère martyr le restera pour longtemps encore, mais pensez à sa famille à chaque fois que vous soulevez son cas dans le cadre de vos négociations.
Inaceptable qu’en 2019, à l’Ugb, connue pour son ouverture à travers les Tic, que les étudiants ne puissent utiliser les réseaux sociaux et tous les canaux disponibles pour infor­mer, protester et sensibiliser les autorités et la population sur le niveau d’insalubrité que connaît cette institution, avec la mauvaise gestion des eaux usées ;
Inacceptable encore et encore…
Concernant les autorités à tous les niveaux, il est :
Inacceptable que les nombreuses problématiques soulevées par les étudiants et le personnel ne trouvent un début de solutions qu’après des mouvements de violence ;
Inacceptable que la problématique de la gestion des eaux usées de l’Ugb puisse en arriver à ce niveau. Pour rappel, la gestion des eaux usées des premières années de l’université ne pouvait pas être aussi inquiétante avec un équivalent habitant tout compris qui ne dépassait pas 1 000. A l’époque également, l’Université de Saint-Louis était entourée de dépressions naturelles et d’exploitations agricoles qui accueillaient ces rejets controlés. Aujourd’hui, l’Ugb est cernée de toutes parts par de nombreuses cités habitées, instituts de recherche, administrations diverses, etc.
Inacceptable que l’effectif actuel de l’Ugb, qui peut facilement correspondre à une petite ville, ne puisse bénéficier d’un dispositif de collecte, d’évacuation, de stockage et de traitement de ces eaux usées produites par les différentes installations. Aujourd’hui plus que jamais, la nécessité de la mise en place d’une mini-station de gestion des eaux usées au sein de l’Ugb est indispensable. Les eaux des installations de cette université (villages, cuisines, Ufr, etc.) et des cités voisines, qui seront traitées par cette mini-station, pourront être réutilisées pour l’arrosage de l’important espace vert que nous avons dans les villages, le tour d’œuf, les nombreuses allées, les projets agricoles internes, etc.
Inacceptable pour cette université qui dispose d’un des premiers départements en environnement de ne pas être précurseur dans les innovations de gestion verte de son espace.
Ces nombreuses difficultés soulignées peuvent facilement trouver un début de réponse avec l’appel du président de la République à une salubrité citoyenne totale. L’Etat a une responsabilité importante à y jouer pour les investissements au-délà du comportement individuel de chaque étudiant.
Nous osons espérer que le déclic national attendu pour le changement de comportement dans la salubrité publique de nos espaces communs de vie aura comme fer de lance l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.
Mbaye Babacar DIAGNE
mbaye.diagne@gmail.com
‘’Sanarois un jour, Sanarois pour toujours’’

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