PARTAGER

Dans une enquête réalisée auprès de 12 millions de Sénégalais, le Cilss relève que les 3 millions sont menacés d’une crise alimentaire et nutritionnelle.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), le Programme alimentaire mondial (Pam) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) avaient tiré la sonnette d’alarme en mai dernier. Et le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss) confirme la donne : si les autorités sénégalaises ne font pas gaffe, 3 millions 203mille 977 Sénégalais risquent la crise alimentaire et nutritionnelle. Dans le rapport sur la situation alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest, présenté hier au cours d’un atelier, il y ressort que beaucoup de zones au Mali et au Sénégal sont classées dans la catégorie «sous pression». En effet, cette notion se définit comme les pressions cumulées, exercées par les hausses des prix des produits alimentaires sur la vie de tous les jours dans les pays en développement et la façon dont elles modifient les comportements, les relations et l’organisation sociale de manière importante pour le développement. L’enquête, menée auprès de 17 pays du Sahel entre mars et mai 2018, a concerné 12 millions 531 mille 179 Sénégalais. «La situation actuelle est préoccupante dans le Sahel tchadien, dans 3 Etats du nord Nigeria : Borno, Adamawa et Yobe, au nord-sud de la Mauritanie et le centre du Sénégal. S’il n’y a pas d‘intervention, il peut y avoir une dégradation de la situation», alerte Dr Baoua Issoufou, expert analyste en Sécurité alimentaire et nutritionnelle.
A l’arrivée, le Sahel compte 50 millions de personnes risquant la faim dont plus de 46 millions pour la zone Cedeao, soit 20% de la population sous régionale. Le rapport note aussi que seul le Burkina Faso, malgré ses défis sécuritaires, connaît des évolutions sur le plan de la lutte contre la crise alimentaire. «Cette situation doit attirer l’attention des gouvernements et des acteurs humanitaires. Des actions doivent être menées afin que les populations ne basculent dans des conditions assez difficiles», préconise M. Issoufou.
Selon Ibrahim Lumumba Idi Issa, secrétaire exécutif adjoint du Cilss, les populations vulnérables traversent une situation alimentaire «difficile et une soudure qui pourraient se prolonger et détériorer davantage les mo­yens d’existence de celles-ci au fur et à mesure que l’installation de la saison pluvieuse tarde». Il en a profité pour répondre aux critiques des Etats sur les rapports du Cilss. Pour M. Issa, la construction d’un outil harmonisé d’analyse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle «a été un vœu, un rêve et une réalité de tous et pour laquelle des énergies, des ressources financières ont été déployées…»
bgdiop@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here