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La France a appelé mercredi 25 octobre l’opposition et le gouvernement togolais à «un dialogue immédiat» pour aboutir à des réformes politiques et a demandé à Lomé de respecter le droit de manifester, alors que les violences politiques ont fait, en à peine deux mois, au moins 10 morts, dont  2 militaires et 3 enfants, selon Amnesty international. Le département d’Etat américain se dit pour sa part «profondément préoccupé par l’escalade de la violence et les atteintes à la liberté d’expression». Mardi, lors d’un sommet de la Cedeao à Niamey, qui a réuni les Présidents du Niger, de Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Ghana et du Togo, la crise togolaise a été évoquée.

Respect du droit de manifester, arrêt des violences et appel au dialogue. Ce sont les trois points qui semblent faire con­sensus tant du côté des chefs d’Etat de la région que des partenaires internationaux.
«La France reste attentive à l’évolution de la situation au Togo. Nous sommes préoccupés par les rapports sur la présence d’hommes en civil aux côtés des Forces de l’ordre, pouvant s’apparenter à des milices», a déclaré la porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès Romatet-Espa­gne. «Nous souhaitons que le gouvernement togolais respecte le droit de manifester. Les manifestations doivent s’exprimer de façon pacifique», a souligné Mme Romatet-Espagne. «La France appelle à l’ouverture d’un dialogue immédiat qui doit mener aux réformes politiques attendues, en particulier la révision de la constitution prévoyant la limitation à deux mandats présidentiels et l’instauration d’un scrutin présidentiel à deux tours», a-t-elle ajouté.
Le département d’Etat américain, dans un communiqué, se déclare «préoccupé par la montée des niveaux de violence et les restrictions de la liberté d’expression et de réunion au Togo liées aux protestations sur les réformes constitutionnelles proposées». Washington «encourage le gouvernement et l’opposition à engager le dialogue sans préconditions, seule solution à l’impasse actuelle».

Quid de la question centrale de 2020 ?
Quant à la question centrale de 2020, la discrétion, pour ne pas dire l’opacité, semble de rigueur. Dans sa déclaration à l’issue du sommet de Niamey mardi 24 octobre, le Président ivoirien, Alassane Ouattara, s’est contenté de cette formule sibylline : «Des propositions qui sont déjà faites permettent d’avancer vers plus de démocratie au Togo et nous soutenons cette initiative.» Est-ce à dire que le Président ivoirien estime suffisantes les propositions de réformes du pouvoir de Lomé, à savoir le scrutin à deux tours et le rétablissement de la limitation des mandats qui permettrait à Faure Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025 ? Ou bien est-ce une simple formule diplomatique et Alassane Ouattara laisserait une porte ouverte ? Difficile de le savoir aujourd’hui.
Le Président Faure Gnas­singbé reste pour sa part silencieux. Selon un de ses proches, «il est sincère : les réformes qu’il veut faire passer, ce n’est pas un jeu de dupes, mais, ajoute cette source,  qu’on ne vienne pas lui parler de démissionner avant la fin de son mandat, ça c’est inacceptable». Quant à ses intentions en 2020, «il s’exprimera en temps voulu».
De son côté, l’opposition maintient son programme de meetings et de manifestations pour demander que soit réintroduit la formule «nul ne peut faire plus de deux mandats» et la démission du Président Faure Gnas­singbé. Cette revendication de la démission «ce serait ouvrir une boîte de pandore, explique une source africaine, et aucun chef d’Etat, même ceux qui sont bien élus, n’est prêt à l’accepter».
rfi.fr

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