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La boulangerie constitue un créneau porteur au Sénégal. En effet, le pain occupe une place stratégique dans la consommation des Sénégalais. Le secteur engrange ainsi, selon les acteurs, un chiffre d’affaires de plus 410 milliards de francs Cfa et une contribution de 3% au Produit intérieur brut (Pib). Le nombre d’emplois directs créés est évalué à plus 30 mille, avec plus de 600 mille personnes dépendantes de la filière.
Malgré cela, la filière traverse de nombreuses difficultés. «Les difficultés sont telles que plus de soixante boulangeries ont fermé ces deux derniers mois. Cette situation nous interpelle sur la précarité des emplois de ce secteur et la rentabilité de notre filière», a alerté hier, le président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs), à l’ouverture des concertations nationales sur la filière boulangère. Amadou Gaye explique que «la situation actuelle du marché présente plus les caractéristiques d’un secteur en détresse où les besoins des populations ne sont pas totalement satisfaits, les boulangers connaissent des difficultés qui se répercutent parfois sur la qualité des produits livrés et des relations tendues avec les fournisseurs d’intrants…».
A cela, le Secrétaire général du ministère du Commerce, de la consommation, du secteur informel et des Pme ajoute la question liée à la distribution du pain qui, selon lui, constitue véritablement le goulot d’étranglement du secteur. Makhtar Lakh argumente : «L’absence de réels investissements dans ce segment, justifie la destruction de la distribution du pain qui, présentement, semble échapper de plus en plus aux boulangers, avec la prépondérance fulgurante de nouveaux intermédiaires dont certains se permettent, à certains endroits où la concurrence est rude, de fixer les règles du jeu. Il s’y ajoute les installations tous azimuts de boulangeries opérant dans des conditions non conformes ainsi que l’instabilité du prix de la farine qui ne permettent guère de construire un modèle économique à même de produire la rentabilité de l’investissement».
Mais de l’avis de la présidente de l’Association des meuniers et industriels du Sénégal (Amis), certaines de ces contraintes sont le fait des acteurs de la filière. Anta Babacar Ngom précise tout de même que l’environnement des affaires et les fluctuations du coût du blé ont leur pesant dans la situation difficile, pour ne pas dire intenable que le secteur traverse depuis près de 3 ans, marquée notamment par une surcapacité de la production par rapport aux besoins réels, entre autres.
La production journalière est estimée à 8 millions de baguettes, pour une consommation quotidienne de 7,5 millions de baguette.
Face à ces contraintes, la Fnbs, en partenariat avec l’Amis, organise depuis hier, sous la houlette du ministère du Commerce, des réflexions afin de trouver des solutions idoines.
dialigue@lequotidien.sn

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