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Le Qatar est toujours isolé dans le Golfe. Cela fait désormais quatre jours que ses voisins – l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et Bahreïn – avec l’Egypte ont décidé de rompre leurs relations diplomatiques avec lui. Depuis, ces mêmes pays ont fermé leurs frontières et bloqué leurs espaces aérien et maritime. Ils ont aussi commencé à expulser les Qatariens de leur territoire.

La Jordanie, la Mauritanie, le Gabon, le Sénégal, Djibouti ou encore les Comores : tous ces pays lâchent un à un le Qatar. Ce dernier attend encore avant de réagir suite à la décision de l’Arabie Saoudite et de ses alliés de rompre les liens avec la monarchie du Golfe. Il n’a pas fait le choix de répliquer en expulsant à son tour les ressortissants des pays qui ont coupé les ponts avec lui.
Le 8 juin, le ministère des Affaires étrangères qatarien a cependant haussé le ton. Il a assuré qu’il ne comptait pas se soumettre. Le Qatar tient à son indépendance diplomatique et refuse toute ingérence, en référence à son ouverture au dialogue avec l’Iran ou à sa politique d’accueil des leaders du Hamas.
Le Qatar attend notamment la médiation du Koweït, dont l’Emir était en visite le 6 juin en Arabie Saoudite. Pour le moment, rien n’a filtré de cette rencontre. Son ministre des Affaires étrangères, lui-même, l’a souligné : le Qatar n’avait jamais connu une telle hostilité par le passé.
Le blocus fait craindre l’arrêt des importations. Le premier jour, les supermarchés étaient dévalisés par crainte d’une pénurie. Cette panique est désormais passée. Pour l’instant, les rayons sont pleins. Certains clients ont remarqué de nouvelles marques dans les étals ainsi que des produits originaires de Turquie.

Vols rallongés
Le ministère de l’Economie fait tout pour rassurer les habitants. Il mise sur des vidéos sponsorisées sur les réseaux sociaux, filmées par ses soins dans des supermarchés. Il assure que le Qatar possède un stock abondant de nourritures et affirme avoir prévu un plan alternatif pour assurer l’approvisionnement régulier. Les importations continuent donc pour le moment.
Les compagnies aériennes ont aussi suspendu leurs vols vers le Qatar, mais les voyageurs s’organisent pour trouver des solutions. La situation reste complexe pour ceux qui avaient pris des vols avec des escales dans l’un des pays aujourd’hui fermés. Les bureaux des compagnies étaient pleins à craquer ces derniers jours, remplis de voyageurs qui avaient déjà réservé leurs billets. Sur place, les employés leur expliquaient qu’ils ne prenaient pas en charge les remboursements. Mais Emirates, par exemple, a promis un délai de deux semaines pour que les clients se fassent rembourser. En attendant, ces clients ont choisi d’autres compagnies. Les vols seront un peu rallongés pour ceux qui devaient voyager avec la compagnie nationale, Qatar Airways. Ils passeront par l’Iran et la Turquie étant donné qu’ils ne peuvent plus survoler l’Arabie Saoudite ou les Emirats.
Tous ceux qui comptaient se rendre dans un pays du Golfe dans les jours à venir, de Doha vers Riyad ou Abou Dhabi, quelle que soit la compagnie, peuvent faire une croix dessus. Jusqu’à présent pourtant, rien n’était plus facile.
Rfi

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