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A la place de la menace militaire agitée ces derniers temps, la Cedeao a décidé de poursuivre le dialogue pour faire dégonfler Jammeh. Demain, on aura un aperçu de ce qui va se passer les se­mai­nes à venir après le verdict de la Cour suprême sur sa saisine.

Le jeu diplomatique reprend le dessus sur les menaces militaires. A Accra, les chefs d’Etat ouest-africains avaient annoncé  d’importantes décisions sur la situation politique en Gambie. Mais, ils n’ont pris aucune «décision majeure», contrairement à ce qu’avait annoncé vendredi le porte-parole de la Présidence nigériane, qui assure la médiation de la Cedeao dans cette crise. Lors d’un mini-sommet improvisé après l’investiture du nouveau Président ghanéen samedi, Nana Akufo-Addo, les chefs d’Etat ont décidé de poursuivre les conciliabules diplomatiques pour éviter de froisser davantage Jammeh, qui ne se ramollit pas malgré les pressions internationales. «Nous nous sommes engagés à une médiation pacifique et à un transfert pacifique du pouvoir en Gambie. Nous continuerons à le poursuivre pour l’instant», avance Ellen Johnson Sirleaf, la présidente en exercice de la Cedeao. Elle informe que le déploiement de troupes africaines n’était pas à l’ordre du jour démentant ainsi le président de la Commission de la Cedeao soutenant qu’elles étaient en état d’alerte. Da Souza avait même annoncé que le Sénégal allait prendre la tête du commandement. Elle dit : «La Cedeao est très attentive à toutes les procédures engagées en Gambie et le Président nigérian, Muhammadu Buhari, mène toujours les efforts de médiation des pays africains. Nous appelons les Gambiens à suivre l’exemple donné par le Ghana ce samedi en faisant passer l’intérêt de la Nation en premier.»

Mardi de tous  les dangers
Aujourd’hui, la Cedeao semble diluer un peu sa position pour peut-être éviter de brusquer encore Jammeh. Alors qu’elle s’était montrée intraitable sur la résolution de cette crise politique. Lors du sommet du 17 décembre dernier à Abuja, elle avait annoncé l’installation du Président élu Adama Barrow le 19 janvier. Et la présence de tous les chefs d’Etat lors de ce cérémonial. Ce desserrement de l’étau, autour de Yahya Jammeh dont le recours au niveau de  la Cour suprême sera vidé demain, est une stratégie très risquée. Elle risque de renforcer sa détermination à confisquer le pouvoir après qu’il s’est montré inflexible en soutenant qu’il est prêt à mourir pour défendre la Gambie. Dans la perspective d’une intervention militaire annoncée par la Cedeao, Yahya Jammeh avait commencé à renforcer ses troupes avec des mercenaires libériens et sierra-léonais.

bsakho@lequotidien.sn

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