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Dans un entretien accordé à France 24, Macky Sall a parlé pour la première fois de la crise en Gambie. Et il est resté assez accommodant avec Yahya Jammeh, qui a fait un revirement à 360 °, après avoir reconnu sa défaite lors de la Présidentielle.

On tendait l’oreille pour avoir son opinion sur la crise en Gambie. Macky Sall s’est exprimé hier pour la première fois sur ce dossier qui mobilise les énergies de la Cedeao en accordant un entretien à France 24. Il a montré son optimisme sur l’issue pacifique de la transition. «J‘ai espoir que le Président Jammeh saura entendre raison. Je suis convaincu que le dialogue permettra de faire entendre raison au Président Jammeh et de convenir avec la Cedeao, l’Union africaine et les Nations unies, des modalités de passage entre lui et le Président élu», a affirmé Macky Sall.
Le discours est apaisant. Car, il croit que la tension va retomber pour permettre d’organiser tranquillement la passation de service. «Je ne pense pas qu’il soit raisonnable pour le Président Jammeh et ses alliés d’engager l’épreuve de force. Nous devons respecter aussi le Président Jammeh et lui parler. Il a reconnu sa défaite, il doit passer le témoin. Et on doit l’accompagner dans ce passage de té­moins. Je suis convaincu que le dialogue permettra avant le 17 janvier de lui faire entendre raison», espère le Président Sall.
Aujourd’hui, certains lient sa volte-face à une peur des poursuites judicaires. Cette éventualité l’aurait échaudé après avoir félicité son adversaire à la fin du dépouillement de la Prési­den­tielle du 1er décembre dernier. En écho à ses menaces, Macky Sall pense qu’on  doit lui aménager une porte de sortie honorable. Il dit : «J’ai toujours considéré que la justice doit être exercée. Mais, au nom de la paix on doit trouver des compromis. La justice est un fait mais la paix est plus importante. Et si nous ne privilégions pas une solution négociée, le coup à payer peut être beaucoup plus important. Il y a eu certainement des crimes-je ne sais pas-. Et si nous engageons l’épreuve de force, il est clair que les conséquences vont être beaucoup plus dramatiques. Il faut dialoguer et trouver une porte de sortie qui le protège. Je suis pour le dialogue pour qu’on lui permette de partir tranquillement.»
Quid de la situation des 8 mille Sénégalais qui vivent en Gambie ? Très sensible à cette question, il a exclu néanmoins toute intervention militaire. «Je ne pense pas qu’on puisse arriver à menacer des Sénégalais en Gambie. Nous avons certes l’obligation de défendre nos citoyens partout où ils se trouvent dans le monde. Je ne pense pas que nous soyons dans cette perspective. Le recours à la force ne peut être qu’une étape ultime lorsque la diplomatie aura complètement échoué», avance M. Sall. Il précise en outre que «le Sénégal n’a jamais envoyé le moindre gendarme ou le moindre policier» pour protéger le Président élu Adama Barrow.

Entretien accordé à France 24, Macky Sall a parlé pour la première fois de la crise en Gambie

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