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Amadou Ba, ministre de l’économie et des finances.

Les effets de la hausse des hydrocarbures et de la baisse des recettes fiscales auront été plus néfastes que l’on avait cru un moment. Le Fonds monétaire international qui, au départ, avait prévu le taux de croissance du Sénégal à 7%, ou au plus bas à 6,8%, a déclaré hier le situer à 6,2%. Ce qui n’est pas catastrophique, mais pousserait à plus de rigueur dans les réformes.

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a indiqué hier dans un communiqué que le taux de croissance attendu pour l’année 2018 est de 6,2%. C’est moins que les 7,2% de l’année 2017, et c’est encore de loin beaucoup moins que les 7,0% que l’institution de Bretton Woods avait estimés en un premier temps. Il faut croire que la hausse des prix des hydrocarbures a eu des effets beaucoup plus dévastateurs qu’on a voulu le croire au début.
Ces estimations ont été rendues publiques hier, à l’issue de la septième revue de l’Initiative de soutien à la politique économique (Ispe), qui lie le Fmi au Sénégal, qui a pris fin le 14 janvier dernier. Mais les autorités sénégalaises n’ont pas à s’inquiéter de cette appréciation du Fonds qui déclare par ailleurs que la prévision de croissance reste toujours solide, et l’inflation faible. Néanmoins, le déficit fiscal atteint 3,5% à la limite des critères de convergence de l’Uemoa. De même que le déficit du compte courant, qui était déjà élevé en 2017, n’est toujours pas prévu à la baisse en 2018, bien au contraire.
Comme demandé en décembre dernier à Paris par son représentant au Groupe consultatif du Sénégal, le Conseil d’administration a réitéré sa demande de réformes durables pour permettre au pays d’assurer une croissance durable à moyen terme et de faire du secteur privé national la véritable locomotive de ladite croissance.
Si des risques existent qui pourraient remettre en cause les succès de la politique économique menée actuellement, ils ne portent pas sur la conjoncture politique actuelle, s’il faut en croire le Fmi, qui ne fait nulle mention de la situation pré ou post-électorale. L’institution dirigée par Mme Christine Lagarde préfère plutôt mettre l’accent sur les problèmes que pourraient poser une nouvelle augmentation des prix des hydrocarbures, les effets des sécheresses précoces, les menaces sur la sécurité nationale, l’accroissement des coûts du crédit, ainsi que des retards dans la mise en œuvre des réformes pour accroître les revenus et l’investissement privé.
Et pour ce qui est de la dette qui semble être la préoccupation de certains secteurs de la vie nationale, le Fonds estime que les risques de crise sont très faibles au Sénégal, même si «les dynamiques de la dette ont besoin d’être bien contrôlées». Et dans cet ordre, le pays devrait, pendant un bon moment, faire de sa priorité les crédits à taux concessionnels.
mgueye@lequotidien.sn

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