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Le Sénégal poursuit son agenda de croissance et de compétitivité de ses Petites et moyennes entreprises (Pme), mais le défi du financement rend la mise en œuvre difficile. «L’accès au financement est l’un des obstacles majeurs pour les Pme et les entreprises innovantes», constate le représentant de Louise Cord, directrice des Opérations de la Banque mondiale. Et malgré les structures et mécanismes comme l’Adepme, mis en place, et les nombreux efforts déployés par l’Etat du Sénégal, «seules quelques Pme parviennent à tirer leur épingle du jeu», commente-t-on.
Alors, comment faire en sorte que les Pme soient susceptibles de créer de la richesse et des emplois nécessaires pour un développement dans un contexte où chaque année plus de 300 mille jeunes Sénégalais arrivent sur le marché de l’emploi ? C’est autour de ce thème que les participants à la deuxième édition du Forum de la Pme vont réfléchir et échanger pendant deux jours.
Une table ronde prévue au cours du 2ème jour aura comme défi de tracer les contours et de trouver solutions à la problématique du financement. Mais déjà, le représentant de la Banque mondiale à cette rencontre anticipe sur les débats. Parmi les actions nécessaires, la Banque mondiale évoque d’abord l’amélioration de l’environnement des affaires car, estime le représentant de la directrice des Opérations de la Bm, «les contrats administratifs affectent les Pme beaucoup plus lourdement que les grandes entreprises». Le fonctionnaire de l’institution de Bretton woods, abordant la question du financement, suggère comme éléments de solution l’instauration de lignes de crédit dédiées aux Pme auprès des banques commerciales. Cela, dit-il, «pour réduire le risque crédits». Il propose à l’Etat le développement d’autres sources de financement innovant comme fonds de capital-risque et pour les entreprises en phase initiale de projet. Il suggère «une subvention publique au lancement». Ce qui, selon lui, peut servir de tremplin à l’image du concours de plan d’affaires de l’Adepme et de son fonds à frais partagés.
Alioune Sarr, ministre du Commerce et des Pme, y ajoute la problématique de l’accès aux marchés surtout que, rappelle-t-il, «nous sommes dans un contexte de l’ouverture d’un marché continental africain de plus d’un milliard de personnes où nos Pme doivent être renforcées et accompagnées pour qu’elles soient gagnantes dans cette compétition qui va se faire à l’échelle continentale».
Au-delà du financement et du renforcement des Pme, le ministre Alioune Sarr invite le secteur privé local et les acteurs économiques à se positionner clairement dans l’écosystème du pétrole et du gaz et ne pas laisser la place à d’autres. D’ailleurs, note-t-il, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi sur le contenu local qui permet de donner la place maximale aux entreprises et aux Pme sénégalaises dans l’exploitation du pétrole. Le ministre suggère aux acteurs économiques de se saisir de l’immense opportunité économique qui existe dans l’écosystème du pétrole et du gaz.
Mais la question qui taraude les esprits est de savoir si les Pme se sont bien préparées à conquérir et à saisir cette opportunité. Pour le fonctionnaire international, il faut juste «développer les compétences des entrepreneurs à travers la formation des services d’incubateur et ne pas se contenter de donner des formations dites traditionnelles en gestion marketing».
ndieng@lequotidien.sn

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