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Installé le 13 avril dernier, le tout nouveau directeur du Centre régional des œuvres universitaires et sociales de Thiès (Crous-T), Moustapha Guèye, semble mal parti. Il est accusé par les étudiants et les ex-travailleurs d’avoir «politisé» le centre. Face à la presse, le Dg du Crous-T a battu en brèche les accusations portées contre lui et parle de «chantage».

Grève illimitée des étudiants de l’Université de Thiès depuis une semaine, mouvement d’humeur des ex-travailleurs du Centre régional des œuvres universitaires et sociales de Thiès (Crous-T), le nouveau Dg dudit centre fait face à une «plateforme de contestations». Les étudiants l’accusent d’avoir entamé un «bras de fer sans raison» avec eux. Selon Mounirou Thioune, président de l’amicale des étudiants de l’Unité de formation et de recherches des Sciences et technologies (Ufr/Set), «le Dg du Crous-T, à peine nommé, a paralysé tout le système de l’Université de Thiès. Il traite les étudiants d’indisciplinés et a procédé à la fermeture des restaurants. C’est pourquoi nous avons décrété une grève illimitée parce qu’on ne peut pas étudier sans manger». Pis, ajoute l’étudiant en troisième année, «le Crous de Thiès est politisé». Il renseigne : «Depuis son arrivée, il a licencié plus de 200 pères et mères de famille avant d’embaucher des Diourbellois qui sont dépourvus de compétences. Et quand nous avons voulu manifester pacifiquement devant les locaux du Crous, des nervis nous ont attaqués et il y a même eu des blessés.»
Embouchant la même trompette, les ex-employés du Crous-T, qui ont assiégé les locaux du centre pour réclamer le «paiement de leurs salaires», s’indignent : «Quand le nouveau Dg a été installé, il avait promis de travailler avec nous. Malheu­reu­sement, 72h après, il a licencié tous les travailleurs qui ne faisaient pas partie de son quota.» Leur porte-parole, Abdoulaye Gaye, réclame justice : «Nous sommes plus de 250 personnes en service au Crous-T depuis 4 ans sans contrat. Et pendant ce temps, le nouveau Dg recrute des habitants de Bambey, Diourbel, Touba et Mbacké, en leur signant des contrats. Et nous les Thiessois sommes laissés en rade.»

«Des maîtres chanteurs qui n’ont même pas de plateforme
revendicative»
Réagissant à ces accusations, Moustapha Guèye affirme que les étudiants sont «des maîtres chanteurs qui n’ont même pas de plateforme revendicative». Selon lui, «les mouvements d’humeur sont l’œuvre d’un groupuscule de maîtres chanteurs». Lesquels essayent «à chaque fois de me faire chanter depuis  mon installation».
Face à la presse, il explique qu’«à la veille de mon installation, un étudiant est venu me voir pour une demande de subvention. J’ai alors remis le courrier à Mme le recteur qui a estimé que, compte tenu des difficultés budgétaires auxquelles le rectorat était confronté, il n’était pas question de décaisser de l’argent au profit des étudiants. Mécontent de cette réponse, des messages de menace avec des insultes m’ont été envoyés. C’est par la suite qu’ils sont passés à la vitesse supérieure. Ils sont allés casser le restaurant universitaire qui se trouve au campus de l’hôtel du Rail, ont pris des denrées d’une valeur de 10 millions de francs Cfa. Après cela, ils sont allés saccager l’Agence comptable où ils ont pris des tickets de restau­rant, emporté avec eux une somme estimée à deux millions de francs Cfa. Ensuite, ils ont séquestré mon personnel avant de lui interdire l’accès à leurs bureaux». Et comme si cela ne suffisait pas, «ce matin (hier), ils ont brisé les fenêtres des locaux du Crous-T et notamment des véhicules stationnés aux alentours». A l’en croire toujours, «c’est le même groupe de l’amicale de l’Ufr/Set, au nombre de dix étudiants qui n’ont pas de plateforme revendicative, qui sème la terreur.  Ils nous réclament à chaque fois de l’argent et autant de choses qui ne sont pas légales. Des choses que le  président de l’amicale érige en droit et que nous ne saurions accepter».
A propos de la politisation du Crous-T dénoncée par les ex-travailleurs, Moustapha Guèye répond sèchement : «Je crois au Président Macky Sall que je soutiens. C’est lui que j’accompagne, je souhaite qu’il soit réélu. Je ne le cache pas et ce n’est pas une honte. Il n’y a pas longtemps, le maire de Thiès-Est, Pape Diop, est venu me voir pour solliciter le recrutement d’un certain nombre de personnes. Je suis resté jusqu’à deux heures du matin à travailler dans mon bureau. Pourtant, nous ne sommes pas du même parti. Il est de Rewmi et moi de l’Apr.»
nfniang@lequotidien.sn

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