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Les autorités religieuses ont diplomatiquement indiqué au ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo, qu’elles n’étaient pas satisfaites de la gestion de la question de l’approvisionnement en eau du Daaka de Médina Gounass. La pénurie en eau étant l’un des facteurs responsables de l’ampleur des dégâts.

Les autorités religieuses de Médina Gounass ont reçu dans la journée d’hier le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo, accompagné des ministres de la Santé et de l’action sociale, Awa Marie Coll Seck, de la Formation professionnelle, Mamadou Talla, et de la déléguée générale à la Solidarité nationale, Mme Anta Sarr Diacko. Après un passage à l’hôpital régional de Tambacounda pour rendre visite aux blessés graves qui y sont internés et puis au centre de santé de Médina Gounass où sont hospitalisés des blessés légers, la délégation ministérielle s’est rendue sur le site du Daaka. Un tour à travers les ruelles sinueuses de ce site à 10km de la cité religieuse de Médina Gounass a mis à nu toute l’ampleur des dégâts : des détritus de marchandises diverses et de matériels agricoles, de vélos, de motos et d’autos calcinés, ainsi que des ruines d’abris de fortune encore fumant étaient sur toute la partie Est et centre du Daaka. «Ici, tout est favorable à une propagation rapide du feu», a commenté le ministre Ab­doulaye Daouda Diallo. Mal­gré les conséquences du sinistre encore visibles, des pèlerins étaient en train de prendre le «thé sénégalais» avec des fourneaux à l’intérieur de huttes, les repas toujours préparés dans des locaux du genre. Et cela, dans un contexte de forte chaleur et de vent qui souffle. Le ministre de poursuivre : «La paille, le feu et le vent ne font pas bon ménage.»
Après la prière de 14 heures sur le site du Daaka, le ministre a présenté au khalife Thierno Amadou Tidiane Bâ, à sa famille, à tous les pèlerins et aux victimes les condoléances du chef de l’Etat, de même que les siennes et a félicité les autorités administratives et militaires de la région de Kolda pour l’efficacité de leur réactivité face au sinistre. Tou­tefois, le khalife himself, dans un langage diplomatique, a déploré le non-respect par l’Etat des engagements pris, relativement à un approvisionnement correct en eau. Il a rappelé les conseils de développement tenus à Kolda et à Dakar pendant lesquels les problèmes étaient posés et des engagements pris, mais sans suite pour la plupart.
Pour les jours qui restent du Daaka, le ministre a réitéré ses instructions pour que l’eau ne manque pas. Le chef de l’Etat Macky Sall, attendu aujourd’hui, donnera certainement plus d’assurances pour que «plus jamais ça». En tout état cause, la nature de l’habitat du Daaka fait débat. «Il faut s’engager à débarrasser le Daaka de la paille», a dit un membre de la délégation ministérielle. Les réticences de certaines autorités religieuses ne doivent rien n’y pouvoir, car il y va de la sécurité publique. Et puis, a poursuivi la même autorité, «le Dental daaka semble être dépassé par la taille de l’événement et qu’il va falloir mêler l’Admi­nistration à l’organisation».
akamara@lequotidien.sn

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