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Alors que le pays compte 3 industries censées pouvoir consommer leur production, les producteurs de tomate ne parviennent pas à écouler 50 mille tonnes. Ils se rappellent avec nostalgie l’époque où la seule Socas absorbait sans problèmes les 80 mille tonnes qu’ils produisaient.

Après les producteurs de tomate de Bokhol et Gaé il y a quelques semaines, hier c’était au tour des ceux des neuf unions de Dagana regroupés dans un collectif de dénoncer les difficultés que traverse la filière. Ces producteurs qui sollicitent l’aide des autorités compétentes veulent entre autres mettre fin au refus des industriels de lever la tomate bord champ.
Faisant le point sur leurs difficultés au cours d’un point de presse, Ibrahima Diop, porte-parole des neuf unions de Dagana, a expliqué que le prix de la tomate fixé à 51,5 F Cfa n’a connu aucune hausse depuis 20 ans, alors que même le son et la paille qui sont des sous-produits ne coûtent pas ce prix. A cette situation que les producteurs qualifient d’injustice inexplicable, s’ajoute selon eux le fait qu’ils ont contracté une dette de plus de 225 millions pour la campagne de saison froide, et qu’ils ne parviennent pas à payer du fait de la situation qu’ils vivent actuellement.
Très remontés contre les industriels accusés d’être à l’origine de cette situation, les membres du Collectif des unions de Dagana vivent, selon leur porte-parole, de graves problèmes en ce moment. Ces problèmes ont pour noms : le non-respect des engagements pris par les industriels entraînant les pires pertes de la première récolte faute de moyens d’évacuation et la mauvaise qualité des machines agricoles de marque Valtra introduites par l’Etat et qui malgré tout, leur a coûté très cher. Selon les explications de Ibrahima Diop dit Iba, des milliers de tonnes de tomates ont été perdues à cause de la mauvaise volonté des industriels de lever la tomate, qui continue de pourrir dans les champs et devant les entrepôts des usines, une situation qui n’est pas sans conséquences pour les producteurs, qui ne parviennent pas à s’acquitter de la dette de 120 millions qu’ils ont contractée auprès de la Cncas pour acquérir les deux machines de marque Valtra.
Les producteurs de Dagana ont aussi souligné dans leurs déclarations, le fait que lorsqu’il n’y avait qu’un seul industriel, en l’occurrence la Socas, ils parvenaient à réaliser une production de 80 mille tonnes alors que paradoxalement au moment où ces industriels sont au nombre de trois, la production de tomate ne peut plus dépasser 50 mille tonnes. Dans la même lancée, le Collectif des unions de Dagana interpelle le Président Macky Sall sur le milliard 500 mille francs qu’il avait alloué aux paysans pour éponger leurs dettes et dont ils n’ont jusque-là pas vu la couleur. Par ailleurs, ces producteurs qui disent n’être soutenus jusque-là que par la Cncas par le biais du chef de son agence de Richard Toll, invitent les autorités compétentes à les éclairer sur la destination et l’utilisation faite du 0,5 franc tiré sur chaque kilogramme de tomate produite dans les sections.
Malgré leurs frustrations, les producteurs ont toutefois tenu à adresser leurs félicitations et encouragements au nouveau ministre de l’Agriculture, Moussa Baldé ,et au nouveau Dg de la Saed, Aboubakri Sow, qui, pour eux, s’ils sont porteurs d’une nouvelle vision, pourront aider les producteurs à sortir de l’ornière et à s’engager dans la voie de l’émergence.
Les pro­duc­teurs de Dagana ne sont pas les premiers à monter au créneau pour dénoncer la situation difficile dans laquelle les producteurs de tomate et la filière elle-même se trouvent en ce moment, avec ce lot de problèmes qui ne sont pas sans conséquences sur leur quotidien. Il y a quelques semaines, les producteurs de Bokhol puis ceux de Gaé, avaient fait des sorties dans la presse pour dénoncer l’attitude peu coopérative des industriels qui refusent de transporter la tomate, la laissant pourrir en grande quantité.
cndiongue@lequotidien.sn

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