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Les rencontres et échanges de la 13e édition de la Biennale le Dak’art ont été lancés hier à l’Ucad. Ils réunissent des experts et universitaires de haut niveau qui vont réfléchir pendant 4 jours sur différentes thématiques portant sur l’art de manière générale et l’art africain contemporain en particulier. Le ministre de la Culture a magnifié la pertinence des choix faits aussi bien au niveau des sous-thèmes que des experts.

La capitale sénégalaise déroule, dans le cadre des rencontres et échanges de la Biennale, le tapis rouge à d’éminents professeurs et experts en art. Ces derniers vont durant 4 jours, à compter d’hier, tenir des panels sur différents thèmes corrélés aux arts. Déjà hier, l’historien et enseignant à Columbia University Mamadou Diouf, le philosophe Souleymane Bachir Diagne, Felwine Sarr, le Kényan Simon Gikandi ont donné le ton en décortiquant les arts et savoirs sous toutes les coutures.
Dans sa leçon inaugurale, M. Gikandi s’est intéressé au rôle de l’art africain dans la pensée africaine, décriant l’enfermement dont est souvent victime l’art africain. Enfermement dans l’uniformisation, dans le passé, les spécificités (représentations figées), enfermement dans le traditionalisme. Souleymane Bachir Diagne s’est félicité de savoir que l’art ouvre toujours la marche et que la leçon du Professeur Gikandi et celle donnée par Césaire lors du premier Festival mondial des arts nègres se recoupent : «L’art africain, disait Césaire, doit se libérer de toute imitation de modèle extérieur. Cet art devait surtout se libérer de l’imitation de soi. Rompre avec soi-même pour être nouveauté et refus de continuer à s’imiter pour sortir du traditionalisme», rapporte-t-il
Pour sa part, le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly qui a lancé ces rencontres et suivi les discussions avec intérêt s’est félicité de la qualité des experts et des thèmes. «Les choix pertinents aussi bien au niveau des sous-thèmes que des experts augurent de réflexions de haut niveau et féconds», a-t-il dit. Rappelant que la Biennale, en plus d’être un espace d’exposition de la création plastique contemporaine, doit aussi être une opportunité pour positionner ce monde comme un temps de réflexion et d’anticipation sur les mutations dans le domaine des arts. «Nous avons voulu redonner aux rencontres et échanges toute l’aura et l’envergure qui s’y prêtent pour imprimer à la Biennale ce caractère scientifique plus affirmé», a-t-il confié. M. Coulibaly ne doute aucunement que les conclusions de ces panels permettront de renforcer la contribution de la Biennale de Dakar à la réflexion mondiale sur l’art, mais aussi d’envisager les stratégies qui devraient faciliter l’émergence d’un marché de l’art aux normes internationales.
aly@lequotidien.sn

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