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Avant le projet du Tsf2 (voir ci-contre), la première expérience en matière d’expropriation causée par la Sgo a été le déplacement de Dambankhoto. Ce hameau de six ménages a été déplacé en 2011 à cause de l’aménagement du barrage jouxtant la piste d’atterrissage de l’aéronef qui, chaque semaine, évacue la production d’or à Sabodala. Les populations de ce petit village ont été réinstallées à côté de Faloumbou, spoliées de leurs abris ainsi que de leurs moyens de subsistance.
Pour limiter les impacts sociaux et économiques négatifs découlant de ce projet, la Sgo s’était engagée à améliorer les conditions de vie des habitants. Elle leur a ainsi fourni des logements sur le site de recasement, plus une indemnisation pour la perte d’actifs. Mais l’argent n’a pas amélioré leur niveau de vie. Plutôt que d’investir ces fonds dans des créneaux porteurs, certains chefs de ménage ont préféré épouser d’autres femmes ou acheter des motos. Aujourd’hui, c’est le temps des regrets. «Ma maison est dans un état de délabrement très avancé. Tous les murs se sont fissurés. Sgo m’avait aidé à les rafistoler, en vain. La maison menace ruine. Pour éviter que le bâtiment ne s’effondre sur ma famille, j’ai décidé de quitter», souligne S. M. Pour aller où ? «J’ai construit un autre logement», dit-il.
Tout le monde n’a pas cette chance. Et les populations de Dambankhoto ne cessent de fulminer contre la Sgo, notamment pour «les vergers clôturés avec un grillage métallique, équipés de point d’eau pour l’arrosage des jeunes arbres» qu’on leur avait promis. Aujourd’hui, seules les femmes ont bénéficié d’un périmètre maraîcher. Et pour le coordonnateur adjoint du Forum civil, par ailleurs membre de l’Ong «Publiez ce que vous payez (Pcqvp)», Abdoul Aziz Diop, «un nouveau village a été construit, mais il n’y a pas eu de Plan d’accompagnement des recasés (Par)».
A Dambankhoto, on ne compte plus que sur les engagements de la Sgo concernant la Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse) qui, aux yeux de M. Diop, «est une démarche aléatoire, très volontariste, mais non encadrée».
Dans son 7e rapport Rse qui date de 2017, la société a fait état de 600 millions de francs investis dans le financement de projets communautaires conçus autour de la mine, avec et pour les populations des communes. Grâce à la Rse, des imams et des chefs de village de Sabodala ont aussi effectué leur pèlerinage à la Mecque. Le document mentionnait également l’affectation de 1 158 emplois, dont 94% détenus par des nationaux et 45% par des populations de Kédougou. Mais à Dam­bankhoto, informe S. M., seules cinq personnes ont bénéficié d’un contrat de travail contre onze à Faloumbou.
Le chiffre d’affaires de Sgo en 2017 était de 170 milliards de francs ; soit un bond de 13% par rapport à 2016 où la production avait généré 150 milliards de fra­ncs.

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