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Décidemment le Sénégal est un pays bien particulier où n’importe qui se lève pour prétendre à n’importe quoi sans aucune légitimité.
Dans l’actualité de ces derniers jours, on a eu droit à un «débat» qui pour le moins qu’on puisse dire, relève plutôt des officines sombres de Goebbels.
Chacun y est allé de son idée, que dis-je, de ses élucubrations sordides pour faire le procès d’intention du Président Macky Sall, en insinuant une éventualité pour lui de briguer un second mandat. Aussitôt la machine s’est emballée, et malgré les avis très éclairés et documentés des hommes de l’art, les artisans zélés et autres politiciens sans envergure ont cru bon de poursuivre leur aventure pour tenter de débusquer une quelconque faille dans la Constitution, qui serait de nature à accréditer les constructions de leur imaginaire.
Franchement, il est temps de se concentrer sur l’essentiel, n’en déplaise aux apprentis-sorciers qui tentent vaille que vaille de s’aménager un coin dans l’espace public pour se donner une certaine visibilité médiatique. A quelle fin d’ailleurs ?
Autrement, comment comprendre, malgré les prédications les plus sombres sur l’issue du scrutin présidentiel du 24 février 2019, assénées sans aucune précaution par les experts en tous genres, et contredites par les Sénégalais d’abord, et ensuite par les témoignages des observateurs internationaux et nationaux qui l’ont reconnu comme transparent et crédible, que la clameur n’ait pas fini de s’estomper. Comment comprendre qu’avec un taux de participation de 66,2% et une victoire à 58,27% de l’électorat, qu’on veuille «indiquer» au Président Macky Sall nouvellement réélu, la formule magique à suivre pour la composition de son gouvernement.
Qu’est-ce qui a changé entretemps ? Pourtant Abdoulaye Wade, au lendemain de sa défaite, avait pronostiqué des difficultés insolubles pour le Président Sall durant son 1er mandat ?
L’obstination pour un gouvernement de technocrates et de politiques n’a pas de sens. Pis elle est suspecte. Qui est technocrate et qui est politique ? C’est comme qui dirait qu’un acteur politique ne peut être un technocrate et vice et versa ;
Où étaient ces dits technocrates quand les autres, qui étaient dans le «Back office», ou se sont retroussés les bas de pantalon pour descendre sur le terrain pendant 21 jours, bravant la poussière et l’inconfort ?
Ceux qui ont opté pour la «neutralité» et l’ont assumé, et c’est tout à leur honneur, savent très bien que la fonction ministérielle est éminemment politique. Alors si c’est pour troquer une casquette de «société civile» pour un poste ministériel, il faudra faire un choix clair et non des appels du pied.
Ceux qui ont assumé avec conviction leur engagement, ne peuvent être traités comme des gens inaptes à exercer au plus niveau les responsabilités d’Etat, s’ils en ont la capacité et les compétences, en plus de la loyauté nécessaire à la bonne conduite de cette mission. Faute de quoi, rien de positif ne pourra se faire pour le progrès de notre pays et de ses fils.
Etre dans un gouvernement est un sacerdoce. Ne pas y être ne signifie nullement qu’il n’existe pas d’autres espaces pour servir son pays, même à titre de simple citoyen exerçant son contrôle citoyen sur l’action publique.
En définitive, je pense qu’il faut s’en remettre à la Constitution de notre pays, qui fait du chef de l’Etat celui qui nomme aux emplois civils et militaires.
Laissons-lui la latitude, en vertu des pouvoirs que lui confère le suffrage universel, de choisir l’équipe d’hommes et de femmes qui vont l’accompagner durant son magistère, après quoi on jugera sur les faits.
Mamadou NDAO
Membre du Bureau
Politique de l’Afp
Sicap Liberté 6
Dakar

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