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Dans une salle du Grand Théâtre sous le charme, la féerie du conte russe de Tchaïkovski «Casse-noisette» a encore opéré. Pour leur premier spectacle en terre sénégalaise, la troupe russe a enchanté la scène, aidée par de jeunes élèves d’une école de danse.

Sur la scène du Grand Théâtre, de petites fées, de blanc vêtues, tournent d’un côté et de l’autre de la scène. Les petites filles suivent les indications d’un danseur plus âgé qui guide les pas hésitants. Après leur prestation, elles laissent la place à des ballerines en costume traditionnel bigarré. Entre virevoltes, entrechats et envolées, la troupe russe, constituée d’étudiants en chorégraphie de l’Université de Kazan, a enchanté la scène du Grand Théâtre avec un spectacle du ballet de Tchaïkovski, Casse-noisette. Pendant plus d’une heure, les danseurs russes ont alterné des tableaux avec la collaboration des petits danseurs en herbe d’une école de danse tenue par la Russo-sénégalaise Slou Dieguene. «C’est la première fois qu’un ballet russe vient en Afrique de l’Ouest», se réjouit le directeur du Grand Théâtre. Keyssi Bousso, visiblement content d’avoir réussi son pari de faire danser la troupe à Dakar, s’est même laissé aller à promettre à un public plus qu’enthousiaste «un retour de la troupe chaque année». Il faut dire que le spectacle a tenu ses promesses. Féerique et enchanteur, il a transporté le public dans l’univers de ce ballet russe du 19e siècle. Casse-noisette, c’est l’histoire de Marie qui, le soir de Noël, reçoit de son oncle un casse-noisette. Pendant la nuit, une merveilleuse féerie commence : dans le salon, les jouets s’animent et le casse-noisette se transforme en prince.
A la fin du spectacle, les visages avaient pris un peu de la féerie de la scène où un gigantesque sapin illuminait l’espace. Yasmine est de celles-là. La cinquantaine bien entamée, l’ancienne danseuse affiche toute sa joie sans complexe. «C’était beau, très beau. Les musiques, les pas de danse, les costumes, tout était très beau. J’ai fait moi-même de la danse et je souhaite revoir cela très bientôt», dit-elle avec des étoiles dans les yeux. Beaucoup plus jeune, Chayma n’en est pas moins contente de sa soirée. «C’est la première fois que j’assistais à ce genre de spectacles et ça m’a même donné envie de commencer des cours de danse», dit-elle.
Le directeur du Grand Théâtre annonce dans la foulée son intention de choisir un nouveau pays chaque année pour en faire découvrir la danse. «L’année prochaine, je pense aux Zoulous ou bien le Cirque du soleil», annonce-t-il en soulignant que pour ce spectacle, seuls les billets d’avion de la quinzaine de danseurs qui ont fait le déplacement à Dakar étaient à la charge de l’organisation. Particularité de cette soirée, le public essentiellement occidental, mais M. Bousso relativise : «Si tu amenais ici Wally Seck, il n’y aurait que des Noirs. La danse classique fait plus partie de la culture occidentale, ce n’est pas un problème», dit-il.

Des étudiants de Kazan à la place du Bolchoï

Il y a quelques mois, le directeur du Grand Théâtre avait convoqué toute la presse pour annoncer en grande pompe l’arrivée à Dakar de la troupe du mythique Ballet du Bolchoï. Mais à l’heure de la représentation, c’est une troupe constitué de jeunes étudiants de la ville de Kazan qui a enfilé ses pointes sur la scène du Grand Théâtre. La soirée fut certes belle et les jeunes danseurs ont donné une belle prestation, mais l’on peut se demander comment et pourquoi la troupe de Kazan a pris la place du Bolchoï.

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