PARTAGER

Evoluant dans différents domaines d’activités économiques, les cadres sénégalais d’entreprise au Mali ont mis sur pieds un collectif dont l’objectif est de développer le secteur économique, mais surtout de redorer le blason des Sénégalais au sein des compagnies. Mais, assure le président dudit collectif, Daouda Dioh, cela n’a pas été chose aisée, du fait de l’instabilité de la sécurité dans ce pays.

Vous êtes le président du Collectif des cadres sénégalais d’entreprise au Mali. Pouvez-vous vous pré­senter ?
Je suis au Mali depuis 2011. Je suis venu en qualité de directeur financier et comptable d’une compagnie d’assurances qui avait quelques difficultés sur le plan financier et de la gestion. Au fil des années, je suis devenu le président du club des cadres sénégalais qui a été créé le 1er févier 2017. On a mis en place le premier bureau dont j’occupe le poste de président pour un mandat de deux ans. Le bureau est composé de 8 membres qui sont des cadres dans certaines compagnies de la place. On a comme objectif, de développer le secteur économique, mais surtout de redorer le blason, l’image des Sénégalais au niveau des compagnies. On sait que l’économie entre le Sénégal et le Mali existe depuis fort longtemps avec une certaine fluidité. Nous avons mis en place, avec l’aide de l’ambassadeur, son Excellence As­sane Ndoye, cette association pour faire la connexion entre tous les cadres d’entreprises qui existent ici. Les gens ne se connaissaient pas.

Quels sont les secteurs dans lesquels le collectif intervient ?
Il y a les banques, les Btp, le secteur de la Communication. Il y a aussi l’habillement. Le tailleur, même s’il a une petite boutique avec une machine et un employé sénégalais ou des frères maliens, on le considère comme un chef d’entreprise. C’est la même chose avec les femmes par rapport à la teinture. Il y a les artisans tels que les bijoutiers. Toutes ces personnes-là, nous les aidons à renforcer leur niveau professionnel. On a toujours connu le Sénégal pour son professionnalisme. On se bat pour que ce professionnalisme puisse s’exporter dans la sous-région.

Quel impact peut avoir le collectif sur l’économie du Sénégal ?
Quand on dit développer une économie, il faut déjà la paix. Pour développer un pays, il faut la sécurité des biens acquis, mais il faut aussi sécuriser les relations qui existent entre les cadres sénégalais et les cadres maliens.

Au-delà du Mali et du Sénégal, est-ce qu’il y a une forme de collaboration avec les pays de la sous-région ?
On peut le dire, parce que nous sommes dans une zone Cedeao. Les relations entre les pays doivent être facilitées par le transport. Il y aura forcément un développement qui va exister sur le plan économique, social, religieux et sur plusieurs autres plans. Développer l’économie d’un pays, c’est développer le niveau de salaires, de vie de la population. On doit créer ce lien forcément entre nous chefs d’entreprise maliens et les cadres sénégalais. Mais aussi, aider l’Etat à développer ce lien qui existe et qui existera toujours. Depuis qu’on a créé ce cadre, d’autres de la sous-région sont venus. Il y a le Bénin, le Came­roun. Mais le plus important pour l’instant, c’est le cadre de la Cedeao.

Est-ce que la communication passe bien au sein de la classe moyenne à travers les tailleurs, bijoutiers et autres sénégalais établis ici au Mali ?
Dans toute chose, il faut la communication. Je regroupe le tout dans le sens de l’organisation. On sait qu’à un certain niveau, l’artisanat était un peu désorganisé sur le plan administratif. La plupart d’entre eux ne regardent que le côté argent et non la pérennité de leur activité. Le club vient les aider à pouvoir s’organiser sur le plan administratif… Comment le faire, c’est difficile parce que quelqu’un qui n’a jamais tenu de comptabilité ou fait des déclarations d’impôts, on est obligé de venir l’aider.

Comment se présentent les entreprises sénégalaises au Mali ?
Il y en a certaines qui se sont bien implantées en filiale, parce que leur maison mère se trouve au Sénégal. Dans la plupart des entreprises maliennes, il y a au moins un Sénégalais.  On est en train de se mettre en relation avec l’expertise malienne, pour pouvoir, non seulement développer l’économie du Mali, mais aussi l’économie de la Cedeao.

Qu’est-ce qui vous a motivé à occuper le poste de président du collectif ?
Je dirais que c’est grâce au soutien que ma famille m’a apporté. On a l’habitude de dire que derrière chaque grand homme, se cache une femme. Je suis polygame, je ne le cache pas. Je suis fier de l’être. Mes femmes m’ont soutenu moralement.  Ma religion m’a permis d’être fort à certains moments. J’ai réussi à m’intégrer. Mes sœurs ont également, été présentes à mes côtés. Elles m’ont conseillé sur beaucoup de domaines. Mon père a été commandant à la Marine marchande, à la retraite. A partir de là, j’ai été fort moralement pour déplacer certaines montagnes. C’était difficile, je le reconnais.

Avez- vous des relations avec les structures du même genre comme le Mouvement des entreprises du Sénégal (Mdes) ?
Pour l’instant non ! On vient juste de terminer les papiers administratifs du club. J’avoue que c’est une difficulté qu’on a eu à rencontrer pour avoir l’agrément. Nous sommes dans un pays où la sécurité n’est pas trop stable. Il faut qu’ils mènent leur enquête de moralité. Là on est dans l’attente. Nous sommes là pour l’image du Sénégal. On n’est pas là pour faire de la politique. Pour être clair, le collectif est apolitique.

Quelles sont les autres difficultés que vous rencontrez ?
C’est de regrouper les cadres. Quand on occupe des postes de responsabilités, dans des entreprises, on n’a plus de vie de famille. Malheureusement, ce sont les week-ends que les cadres doivent se regrouper pour réfléchir sur comment développer certaines activités qui sont menacées, comment mettre en place certains projets pour développer le secteur de l’emploi. Derrière nous, il y a l’association des étudiants sénégalais qui sont là. Je n’aimerais jamais que mes compatriotes terminent leurs études et restent des chômeurs au Mali. Je ne dis pas que c’est difficile de trouver un emploi dans un pays étranger, mais est-ce que ce sera facile pour eux à leur retour au Sénégal. Nous essayons de mettre en place des projets pour pouvoir les intégrer

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here