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Les premiers cas de Covid-19 sont apparus en France vers le 25 janvier 2020. Ces cas ont été isolés et le pays a fini par ordonner un confinement général, suivi en cela par d’autres. Trois mois après, les virus s’est répandu presque partout et les mesures restrictives ont commencé à être levées partout. Elles devenaient intenables pour les populations et, au bout du compte, n’empêchaient pas au virus de se répandre.
Le Covid-19 est une réalité et il est dangereux. Cependant, l’humanité a toujours vécu avec les microorganismes de ce genre et la solution actuellement ne peut pas être de demander aux populations de se barricader chez elles. Les gens doivent aller travailler, générer des revenus, consommer et ainsi faire tourner l’économie. Notre Etat n’a pas les ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de tout le monde sur une longue période. D’ailleurs, même les distributions de vivres annoncées ne vont pas toucher plus de 20% des ménages dans le pays alors que, d’après la Banque mondiale, au Sénégal, «le niveau de la dette est passé de 60,6% du Pib en 2017 à 64,5% en 2018,… et le taux de pauvreté était évalué à 46,7% en 2011 en utilisant le seuil national de pauvreté…»
Chaque jour qui passe se relatent les licenciements, les pertes d’opportunités, les arrestations de personnes ayant bravé l’interdiction de circuler entre les régions (pour des raisons qu’eux seuls connaissent véritablement).
A cela s’ajoute la limite drastique de mouvement imposé à la foule qui quitte la banlieue chaque jour pour aller travailler en ville : le transport est un calvaire et un vrai coup sur leur porte-monnaie.
Le gouvernement essaie d’aider en distribuant du riz, de l’huile et des pâtes, mais cela ne suffit pas et ne peut pas continuer. A cela s’ajoute le fait que personne ne sait quand est-ce que cette crise finira. Je ferai fi des problèmes de ciblage qui sont apparus en se basant sur le Registre national unique (Rnu), des problèmes de mal gouvernance décriés partout avec l’attribution de ces marchés et, dans un autre papier, de l’inadéquation de la stratégie en de pareils moments.
L’humanité, disais-je, a toujours cohabité avec les microorganismes comme les virus et le fait que l’on ait pu l’identifier, et que l’essentiel de sa biologie soit cerné, devrait servir à quelque chose. La distanciation sociale et le port du masque sont deux éléments essentiels dans la lutte contre la propagation du virus et ils ne coûtent presque rien. L’utilisation de l’eau de javel diluée et le lavage des mains au savon en sont deux autres éléments importants. Cela devrait faire immédiatement l’objet d’une grande campagne de communication/sensibilisation dans les villes et les villages pour stopper la progression du virus. Ils doivent continuer à etre couplés aux tests systématiques de tous les cas suspects et de leurs contacts et à l’isolement (à domicile quand c’est possible et à l’hôpital quand ce n’est pas possible).
La continuité de l’activité économique avec des mesures d’accompagnement idoines devrait être un autre élément de cette lutte. Les restaurants et autres lieux de rencontre devraient ouvrir avec des restrictions sur le nombre de personnes qu’ils pourraient contenir, et partout les mairies devraient mettre en place des groupes de jeunes chargés de faire respecter ces directives et, si besoin est, verbaliser les contrevenants (avec l’appui de la police ou de la gendarmerie, si necessaire), comme cela se fait avec les zones où le stationnement est règlementé.
Le transport interurbain devrait être permis, surtout pour les travailleurs et les commerçants qui vont acheter les productions agricoles pour éviter le désastre pour les producteurs. L’idée selon laquelle toute personne qui, dans le cadre de son travail, pourrait obtenir un laisser-passer distribué au niveau central est juste utopique : notre Administration n’est pas suffisamment agile et adaptée pour gérer cela sans dérapages. Cela ne fait que faciliter la clandestinité dans certains déplacements avec tout ce qu’elle amène comme problème.
Vouloir faire de ce problème une chose strictement médicale en ne prenant pas en compte les autres dimensions socio-économiques nous amène tout droit dans le mur. Une foule affamée qui se déverserait sur la route à la recherche de nourriture, et ce, sans respect aucun pour aucune règle (l’autorité ayant alors perdu son essence), serait un fait dangereux et ne pas l’anticiper relèverait d’une cécité catastrophique.
Pour ne pas allonger cette réflexion je propose :
De mener une campagne de communication/sensibilisation sur le Covid-19 et de sensibiliser les chefs religieux pour le maintien de la fermeture temporaire des lieux de culte (la prière pouvant se faire en famille)
De rendre obligatoire le port du masque partout au Sénégal en dehors des maisons
De rendre obligatoire le res­pect de la distanciation sociale
De permettre à tous les commerces et restaurants d’ouvrir en limitant leur capacité d’accueil au 10ème de la capacité permise et de leur demander de promouvoir les ventes à emporter
De lever immédiatement le couvre-feu
De lever immédiatement l’interdiction de voyage entre ré­gions
De mettre immédiatement en place autour des chefs de quartier et de village des comités de ciblage qui identifieront les vrais vulnérables devant recevoir ce riz et cette huile à distribuer
De distribuer autant que possible des semences de riz et autres cultures pour mieux sécuriser l’approvisionnement des marchés après la pandémie.
De réorienter le travail du comité de suivi mis en place pour qu’il fasse, en plus de ce suivi, un travail d’analyse à même d’éclairer les décisions à prendre.
De continuer à refuser tout autre rassemblement comme les baptêmes, deuils et meetings.
Un Citoyen

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