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L’ordinateur est un outil, internet un vecteur pour tout créateur de contenu sur le web. Le blogueur est un créateur de contenu et l’on peut bloguer par l’écrit, le dessin, la photographie et la vidéo. Il est important pour tout blogueur de maîtriser la forme d’expression qu’il aura choisie pour créer, publier et partager ses contenus. L’ins­piration, la maîtrise, la pertinence ne sont point à négliger pour être suivies et appréciées par les internautes. Cinq blogueurs sénégalais ont retenu notre attention en 2016, de par leur maîtrise de leur mode d’expression et leur pertinence.
Le premier a choisi une application et un chat pour se calfeutrer derrière. Mouss Bou Rew, qu’on peut traduire comme le «Chat impoli», a décidé de ne pas dévoiler son visage. Qu’à cela ne tienne, il est tout sauf un cancre et est d’une intelligence notoire. Ce blogueur a sa façon de traiter l’actualité qu’il maîtrise très bien et s’il dérange certains par ses insultes, la véracité de ses propos n’est plus à démontrer. Ses insultes sont un des instruments de son art. Son leitmotiv serait-il de châtier les mœurs par les insultes ? Il est présent sur tous les réseaux sociaux. Sur Facebook, il est suivi par 99 mille 370 personnes et sa moyenne tourne autour de 1 500 partages (vu le 23 décembre à 13 heures). Et sur Youtube, ses statistiques sont tout bonnement hallucinantes. En 7 mois, il compte 48 vidéos, 34 mille 326 abonnés et l’ensemble de ces vidéos ont enregistré 5 millions 902 mille 707 de vue (vu le 23 décembre à 13h 30).
En choisissant de ne point se montrer, ce blogueur anonyme a compris que la seule star dans un blog est le contenu. Mouss Bou Rew a encore des choses à nous dévoiler et j’espère qu’il ne sera jamais démasqué.
Le deuxième a choisi la comédie et la vidéo et il maîtrise très bien le jeu d’acteur, l’expression du visage et la danse. Il s’agit de Dudu. Les vidéos de Dudu sont très bien faites et il a un sacré talent d’acteur, car il peut jouer dans plusieurs registres. Et il prend le temps de bien travailler et de donner du sens à ses petites vidéos.
Dudu aussi est présent sur tous les réseaux sociaux et tient bien en haleine les Sénégalais. Sur Youtube, il compte 29 mille 839 abonnés avec 49 vidéos (vu le 23 décembre à 14h 30). Et sur Facebook, il est suivi par 113 mille 824 personnes (vu le 23 décembre à 14 heures). J’espère un jour voir ce talent dans le cinéma sénégalais et africain.
Le troisième est parmi les artistes les plus complets de sa génération. Il est illustrateur, photographe, réalisateur (prix du meilleur documentaire au Clap Ivoire 2013 avec son film Echo) et bédéiste. Il a décidé de bloguer par la photographie et le dessin, expression qu’il maîtrise puisqu’il figure dans le dictionnaire des bédéistes africains d’Africultures. Dans sa page Facebook  «Imageridiem», Lamine Diémé partage ses préoccupations, sa vision du monde à travers des clichés et des dessins, notamment sur l’environnement, la politique ou l’actualité. Son dessin montrant un géant à Dakar qui mange des arbres et qui péte des immeubles montre combien il sensibilise sur la nécessité de préserver l’environnement. Lamine Diémé est une des valeurs montantes du cinéma sénégalais.
Le quatrième est un journaliste que je considère comme la mémoire vivante des activités culturelles du Sénégal et de l’Afrique. En stage au Maroc en 2012, Monsieur Nour Eddine Sail, alors directeur général du Centre cinématographique du Maroc (Ccm), m’avait affirmé que s’il y a un journaliste sénégalais et africain qui participe à la promotion du cinéma marocain, c’est bel et bien Aboubacar Demba Cissokho.
Aboubacar Kibili  s’intéresse à la culture d’une manière générale et ne traite jamais ses sujets à la légère. Etudiants, journalistes, politiques, artistes, chercheurs gagneront à visiter son blog «legrenierdekibili.wordpress.com», véritable grenier de partage de savoirs et de connaissances qu’il a acquis au fil des temps avec la lecture, l’expérience et le voyage. Son blog compte plus de 130 articles de très hautes factures, en décembre 2016.

Le dernier partage avec Cissokho,­­ un amour pour Cheikh Anta Diop et son œuvre. S’il est vrai qu’il faut lire le dernier pharaon pour le connaître, vous pouvez aussi sans conteste lire Khadim Ndiaye pour connaître Cheikh Anta.  Khadim est un des rares facebookeurs qui ne soient pas réactionnaires et qui partagent des connaissances très pointues dans des domaines aussi divers que la géopolitique, l’histoire, la culture et la philosophie. Son sens critique, sa générosité, sa maîtrise de l’histoire africaine, sa vision du monde et sa pertinence font que ses textes sont partagés et même repris partout dans le monde.
Son article «Cheikh Anta Diop et Sembene Ousmane contre Senghor : On ne décolonisera pas l’Afrique avec les langues étrangères» a été partagé 685 fois (vu le 23 décembre à 16h).
Je peux affirmer sans ambages que nos universités ont besoin d’un intellectuel comme Khadim Ndiaye.
Etre blogueur ne signifie pas pour ces personnes être star à tout prix. Il est aussi important de maîtriser son moyen d’expression et d’être pertinent pour être suivi et bien apprécié par les internautes

Thierno Diagne BA
Animateur Culturel
Gestionnaire des industries culturelles
almamydurip@hotmail.fr

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