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Le Sénégal, fidèle à sa réputation démocratique d’organiser périodiquement des élections, a encore rendez -vous avec l’histoire surtout la Présidentielle de 2019. Moment fort pour les citoyens de choisir un détenteur de projets de société apte à conduire les destinées de la Nation pour un temps bien déterminé et selon des normes établies. Cette année, nous vivons une élection particulière de par son contexte, ses contestations, du climat délétère et des prises de position divergentes.
En effet, l’organisation des élections en Afrique est souvent source de problèmes avec ses contentieux pré et post électoraux, tels que la limitation du nombre de mandats, le scrutin à un ou deux tours, le parrainage, la transparence… Ce tableau sombre augure un mauvais présage pour la démocratie africaine fortement secouée.
Mais le Sénégal devrait être à l’abri de cette tergiversation démocratique, eu égard à sa posture, car faisant partie des premiers pays africains à instaurer la démocratie. Au lendemain des indépendances, le Sénégal avait opté pour un modèle démocratique en instituant le parti unique, ensuite la légalisation d’un parti de contribution, aussi le passage vers un multipartisme limité et enfin l’ouverture vers un multipartisme intégral.
Malgré ces avancées démocratiques, de braves hommes continuent inlassablement la lutte .C’est ainsi qu’ils décrochaient vers les années 1990 des acquis de taille : le code électoral consensuel, la création de l’Onel devenu plus tard la Cena, la nomination d’un ministre de l’Intérieur apolitique. Toutes ces mesures considérables prises par l’Exécutif d’alors de concert avec les opposants ont favorisé l’alternance en l’an 2000. Mais on n’a pas besoin de cogiter profondément pour savoir que cette date marque une étape importante dans le processus démocratique avec la transmission pacifique du pouvoir à un parti de l’opposition. Ce qui marque aux yeux de l’opinion nationale et internationale une maturité politique. Au regard de tout ceci une question taraude notre esprit : que reste-t-il de l’alternance ?
Certes, nous retenons des réalisations mais également des contentieux pré électoraux avec l’arrivée des observateurs de l’Ua, l’Ue, la Cedeao, sans compter le nombre important de journalistes qui séjournent actuellement dans notre pays. Cette médiatisation à outrance des élections devrait être une occasion de montrer encore que le Sénégal est un pays fort de par ses hommes qui l’incarnent, ses institutions et ses candidats qui prétendent gérer le pouvoir.
C’est un truisme de dire que l’intérêt supérieur de la Nation doit être au-dessus de tout. Savoir qu’avant le 24 février le Sénégal existait et qu’il continuera d exister après cette date. Et se rappeler que tout acte malveillant et bienveillant sera répertorié dans le compte de l’histoire. Donc nous avons tous un sacerdoce, c’est d’instaurer la stabilité, la paix, la quiétude mentale des citoyens, la transparence et d’encourager l’acceptation du verdict des urnes par tous les candidats. Ceci irait crescendo vers le renforcement de la démocratie et l’ouverture d’une nouvelle ère.
En définitive, il convient de noter qu’après les élections, il urge de redéfinir le champ politique afin de renforcer les fondamentaux de la démocratie sénégalaise. Pour cela une concertation nationale s’impose pour revoir les prérogatives de l’organe en charge de la supervision des élections, réformer le code électoral, en gros revisiter tout le processus électoral et faire revivre les doctrines de parti. Après le réajustement des institutions, nous attaquerons les véritables défis. C’est le raffermissement du tissu économique, la création d’emplois surtout pour les jeunes, l’assainissement de l’espace économique, assurer une sécurité alimentaire, lutter contre la pauvreté galopante, utiliser une stratégie hardie pour résoudre les contestations, les mécontentements, les déceptions …

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