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Le 7 mars prochain, l’Ates (Association des professeurs d’anglais du Sénégal) organise, comme chaque année, le «English language day» (journée de la langue anglaise) à l’Ebad de Dakar. Cette journée sera célébrée dans un contexte où l’anglais «s’effondre» dans nos collèges et lycées. L’on me dira que le mot est trop lourd ou exagéré, mais il reflète parfaitement la situation de «notre matière» dans nos établissements. En effet, depuis quelques années maintenant, le constat est unanime : l’anglais est comme devenue une bête noire pour les élèves qui enchaînent des notes les unes plus catastrophiques que les autres. C’est ainsi qu’il n’est plus rare de voir des scores compris entre 0,5 ou 7/20 en anglais. Au contraire, c’est devenu fréquent, surtout au niveau du secondaire.
Par conséquent, beaucoup d’élèves ont commencé à développer ce qu’on pourrait désormais appeler «la phobie de l’anglais», assez similaire à ce qui se passe avec les Mathématiques (que les collègues de Maths m’excusent). A titre d’exemple, lorsque que vient le moment pour ceux de Tl’ et Tl2 de choisir leur Lv1, près de 70% laissent l’anglais de côté. Ils «ont raison» parce qu’ils veulent avoir le Bac. Aussi, cela devient de plus en plus difficile de convaincre les élèves de participer aux activités extra-muros des clubs d’anglais alors que l’on sait que celles-ci participent beaucoup à développer leurs aptitudes en communication et à améliorer leur niveau de manière générale.
En un mot comme en mille, les apprenants dans leur majorité n’aiment pas ou plus l’anglais parce qu’ils ne parviennent pas à s’en sortir. Quoi de plus normal ? Tout cela, au moment où le contexte mondial fait que l’importance de la maîtrise de la langue anglaise n’est plus à démontrer. Laquelle importance «tient de son statut international qui ne cesse de se développer, ainsi qu’aux relations diplomatiques, économiques et culturelles que le Sénégal entretient avec les pays de langue anglaise. De plus, la connaissance de l’anglais s’avère nécessaire pour la recherche dans tous les domaines et pour la poursuite d’études diverses dans les pays anglophones»1.
A la question de savoir où se situe le problème, les réponses sont variées. Mais nous sommes nombreux à reconnaître que les épreuves du Bac et du Bfem posent beaucoup de difficultés aux candidats, pour ne pas dire qu’elles sont «difficiles». Et comme je le dis souvent aux apprenants, «tant que le Bac sera comme ça, nous aussi serons obligés de vous préparer à ces formes d’évaluations que vous jugez trop difficiles». Parce qu’il est bien inscrit dans le programme d’anglais que : «Para­llè­lement à l’évaluation effectuée de façon régulière sous différentes formes au cours de l’apprentissage de la langue, les élèves subissent également une évaluation globale récapitulative sous forme de compositions périodiques et d’examens de fin de cycle comme le Bfem et le Baccalauréat. A cet égard, il importe de bien préparer les élèves aux différentes formes d’évaluation auxquelles ils seront soumis.»
Par ailleurs, il urge de rappeler que lorsqu’un nombre important d’apprenants pensent qu’ils sont incapables d’être bons dans une matière, qu’ils sont à la limite «stupides», c’est que le problème ne se situe plus à leur niveau seulement. Qu’il faudrait regarder ce dernier sous plusieurs angles, afin de trouver les vraies causes et apporter des remèdes appropriés. C’est toute la pertinence du thème retenu cette année : «Assessment in Senegal : Rethinking our national Bfem and Bac papers/exams ?» Ce que l’on pourrait traduire par «L’évaluation au Sénégal : Repenser nos examens nationaux du Baccalauréat et du Bfem ?». En choisissant un tel thème, le comité scientifique de l’Ates, à sa tête le doyen Ibrahima Ciss, dit vouloir réitérer leur engagement à transformer les difficultés, qu’ont les apprenants avec l’anglais, en opportunités pour leur permettre de réaliser de bons scores et d’avoir de meilleurs résultats aux examens nationaux au Sénégal, conformément aux objectifs et finalités du National syllabus intégré au système général d’éducation nationale. Nous osons espérer qu’à la suite de cet Eld, les différentes propositions re­tien­dront l’attention des décideurs concernés et qu’enfin soient opérés les changements tant attendus au niveau des épreuves, au grand bonheur de nos élèves dont la réussite de­meure notre seule préoccupation.
Vive un Sénégal de paix et prospère !
Saliou YATTE
Professeur d’anglais au Lycée de Dodel/Podor département.
yatmasalih@gmail.com
1 National syllabus (Programme national d’anglais)

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